Sur les ailes des voiles…

Mon nouveau livre est un petit OVNI…

Ou du moins cela pourrait le sembler, peut-être, dans un monde où tout est rangé au cordeau, et où les hommes, artistes y compris, marchent en rang.

Navigator (de son petit nom – Navigator, précédé de tracés de feu (sous la peau), au complet) est un volume de po-é-sie.

Navigator scale

De la proue à la poupe, couverture : Sadana Silhol. Cover design by Greg & Léa S.

Peut-être pas si surprenant que cela, me diraient sans doute les lecteurs les plus avertis, dans la mesure où le terme “poétique” (sous toutes ses variantes et déclinaisons) est sans doute celui qui a été le plus, au long cours, accolé à mon travail. Ce qui est surprenant pour un auteur labellisé “fantasy / Imaginaire”, ce n’est pas tant d’écrire de la poésie (ou d’autres ‘genres’, en général), mais bien (d’oser) en publier.

Si c’est là mon premier opus relevant de ce genre, ce ne sera sans doute pas le dernier, tant il est vrai que mes réserves regorgent d’opus poétiques, de recueils de lyrics (dont nombre furent mis en musique), de slams, de raps, de… rimes (ou pas 😉 )

Certains lecteurs les attendent avec fureur (et me l’ont fait très efficacement savoir — la preuve !), d’autres n’en auront cure. Il y a loin, sans doute, entre la fiction et la forme plus intérieure, viscérale et souvent intimiste que constitue ce nouveau territoire. Et bien des lecteurs voraces ne troquent jamais la prose pour les vers. Je me souviens d’avoir eu une conversation à bâtons rompus avec un ami totalement imperméable au genre, il y a quelques années. Il était si ‘fermé’ que j’ai fini par lui dire que si le professeur Keating (qui n’a jamais tort) affirmait que le principal objectif de la poésie était de séduire les femmes, j’irais plus loin pour ma part, étant convaincue que nul “non-lecteur” de poésie (à défaut d’être poète lui-même) ne saurait être vraiment capable… au lit. Interloqué (ulcéré ?… inquiet ? 😉 ) il alla se plonger dans Rimbaud le soir-même. Il en revint en déclarant, d’un air ‘espanté’ (comme on dit dans notre Sud) qu’il avait raté quelque chose durant des décennies. Finalement… il aimait bien ça, la poésie. Rien d’étonnant : peut-on vraiment apprécier Dumas, et le théâtre, sans cela ? Peut-on se mettre en phase avec l’âme des siècles, sans cela ?
Je ne crois pas (et reste très convaincue de cette histoire de… lit, vous savez ?)

Nav II

photographie by Mad Youri

Navigator se place sous l’égide de la mer. Ce n’est là qu’une figure métaphorique tutélaire, on s’en doute (je me verrais mal chanter les vagues — quel que puisse être mon amour pour elles — sur plus d’une centaine de pages). La mer, ici, c’est la littérature, abordée par le travers et de profil dans Tracés de Feu, et de façon infiniment plus directe dans Navigator, où je me livre à un autre ‘contestable’ exercice : rendre hommage aux livres et auteurs qui m’ont servi de repères et fanaux lors de mes traversées, et à la littérature en général.

Chaque véritable Lecteur (notez la capitale, elle est délibérée) a connu ce sentiment, je pense : ne pouvoir, à certains moments de sa vie (voire… tous ?) se sentir en état de fraternité ou d’écho qu’avec des pages / des personnages / des intrigues/ et leurs auteurs.

Il est des livres qui nous rapprochent de nous-mêmes, nous vérifient, nous confortent dans ce que nous sommes, envers et contre tous. Ils nous incitent à aller au plus près de notre véritable identité, et à ne pas céder au laminoir normatif du monde. Ils nous tiennent compagnie sans jamais faire défaut lors de nos épreuves, et lorsque nous faisons face au doute. Ils répondent, faisant figure de papier PH proprement magique, à ces “qui suis-je, où vais-je, dans quel état…. ” qui nous agitent souvent. Ils nous aident à nous définir ; à rompre la terrible sensation de l’isolement, et de l’inadéquation.
Ces livres sont essentiels. Vitaux.
Ils en viennent à faire partie de nous, plus encore que notre toujours si déroutant ADN, ou notre environnement direct. Nous nous sentons plus en relation avec eux qu’avec notre propre famille. Ils sont peut-être, au final, dans cette sphère immatérielle où nos substances terrestres montrent leur inconséquence, notre véritable famille. Celle qui nous justifie, nous valide, nous sauve.
C’est en tous cas ce que représentèrent les livres pour cette gamine née et grandie ‘étrangère’ que j’étais, et qui a fini à son tour par rejoindre la grande famille des êtres de plume.

Nav IV

Au fil des pages… le texte et son escorte — photographie de Mad Youri

Il est de mauvais ton, dans ce pays, de rendre grâce, de se reconnaître des dettes, d’aimer tout court, peut-être. Ma véritable patrie étant, toujours, l’océan, je n’ai pas ce petit problème à reconnaître, et saluer, les navigateurs que j’ai croisé lors de mes voyages, et qui m’ont si souvent détournée des gouffres et des impasses. Il est beaucoup moins question de dire à ces “amis inconnus” que sans eux je ne serais pas devenue écrivain que de reconnaître avec tranquillité et sans irritation égotiste que ce sont eux, bien souvent, qui m’ont simplement tenue en vie. C’est aux livres de ces autres, et non aux miens que je dois, tout simplement, d’être en vie.
C’est pour moi une joie indicible, et un privilège, de leur rendre cet hommage, et de chanter ces lumières qui ont ponctuée ma traversée. J’ai toujours préféré, infiniment, chanter l’amour que la colère. Je remercie humblement tous ces auteurs (dont je n’ai pu hélas saluer dans Navigator qu’une infime partie) de m’en avoir offert à la fois l’occasion et l’élan.

C’est un grand bonheur que de publier cet opus accompagné des photographies somptueuses d’un vieil ami et compagnon de route, Mad Youri, et (étrange occurrence qu’aucune des Pythies qui hantent mes histoires ne n’avait annoncée !) de celles de ma propre fille, Sadana Silhol, qui signe également la couverture.
Ce blog n’étant pas rédigé sous forme poétique, je ne peux exprimer l’étrangeté et le plaisir de cette configuration.

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Au fil des pages… photographie by Sadana Silhol

Nous avons choisi pour ce volume, qui comporte une vingtaine de photographies en couleurs, le plus souvent sur doubles-pages,  une impression ad hoc : “premium” sur papier photographique mat. La ‘main’ de ce papier, sa texture, m’a tiré un carnassier sourire. On glissssse dessus comme sur de l’eau ! J’aurais simplement aimé que les coûts d’impression ne soient pas aussi élevés, dictant un prix de vente à l’avenant. Mais… on ne peut pas tout avoir, je suppose.
Nous pourrons vraiment, mon équipage et moi, affirmer que nous l’avons fait *pour le plaisir* (le nôtre, et le vôtre également, j’espère), car il ne nous ‘rapportera’ quasiment rien. Mais le mépris de l’argent, et la préséance sur toute chose de l’Art, c’est aussi ce que ceux auquel je rends hommage m’ont appris, et c’est une leçon pour laquelle je les remercie (en mots… et actes !).

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Au fil des pages… 1/3 de photographie, Sadana Silhol

De tous les livres que j’aurais faits “pour moi”, Navigator est sans doute celui que j’aurais fait le plus… “pour moi”. Les lecteurs qui me suivront (ou me rencontreront pour la première fois) à travers ces pages se confronteront à un autre niveau de partage.
La poésie, c’est aussi cela : le territoire où les auteurs, dépouillés des obligations qu’impose l’intrigue, et tout à la fois de ses commodes artifices, ne peuvent plus porter les masques de la Comedia, et se cacher derrière leurs personnages. Le seul espace, par conséquent, où ils ne puissent éviter d’être totalement vrais.

Je souhaite à tous ceux qui nous rejoindront à bord une exaltante traversée.

Salve

LS/.

Navigator, précédé de Tracés de Feu, sous la peau, Léa Silhol + Sadana Silhol + Mad Youri, paru le 28/08/2017 chez Nitchevo Factory.
Tous les détails tech & autres c/o Nitch,  ici

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Sous le Lierre

(en retard en retard en retard…. — disait le Lapin Blanc à Alice…)

:: Paru ::  le 31/05/2016…

Sous le Lierre (roman)

Sous l’ombre dense et tactile des grands chevaux blancs tracés à la craie dans les collines du Wiltshire, et les profondes futaies de la glorieuse forêt de Savernake… quelque part entre le réalisme magique et la fantasy historique… mon dernier crime littéraire…

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INSIDE /

Le livre + ses lecteurs + son auteur  :

// extrait de “l’insider”posté par la ci-devant auteure sur Goodreads //


Sous le Lierre est, pour moi, l’apologie du triomphe, de la résistance, de l’ardeur, et du feu inextinguible de l’adolescence. Peut-être bien, aussi, de cette idée indéboulonnable que, quand quelque chose devrait tomber droit, il faut bien, à la fin que ce pénible “quelque chose” le *fasse*.
La situation d’Ivy Winthorpe, censément prisonnière d’un rôle écrit pour elle dans une pièce absurde par divers intervenants (sa famille, son milieu, son village…) est très semblable, en réalité, à l’épreuve qu’avait dû traverser et vaincre Angharad dans La Sève et le Givre
Époque différente, scène de fond différente, et même maladie : l’être outil, en en particulier la femme outil (bien que l’on puisse voir que ce système est, à Horninglake, parfaitement paritaire).

Ce n’est pas là, comme ceux qui ont déjà lu cet opus le savent, le _seul_ lien de ce roman avec mon cycle de Vertigen, même si Sous le Lierre est certainement l’un des livres les plus indépendants de la Trame, ne nécessitant pas d’avoir lu la moindre ligne du reste.

C’est là un OVNI avec lequel j’ai passé un moment formidable, parfumé à la chlorophylle, à la résine et au cuir de sellerie, après les encens orientaux de Sacra. J’en garderai toujours le souvenir d’une immense bouffée d’air.
Si le lecteur se lève, au terme de cette course éperdue, avec la féroce et victorieuse envie de dresser le point et clamer un quelconque équivalent de nos adolescents “les poètes vaincront !” mon objectif sera pleinement atteint.
Je pense que, fondamentalement, tous mes livres ont l’intention sous-jacente de convaincre le lecteur que nous pouvons viser l’impossible, et atteindre à l’extraordinaire, pour peu que nous nous en donnions les moyens ; mais… aucun, sans doute, ne l’a fait avec autant de fougue que celui-ci.

Le plus grand défi payant de l’adolescence, après tout, ne pourrait bien être que de savoir être pleinement jeune, au point de le rester toujours. Face à des enjeux et défis plus triviaux et “adultes”, Ivy est là, je l’espère, pour nous rappeler ce que c’est que de se sentir invincible… et/ou de le devenir pleinement, comme elle l’a fait. Girl power ?

Je vous souhaite à tous l’impulsio !
Come away… come away…
sur l’obstacle, sur l’obstacle, Fern… 😉

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“Sous le Lierre” (Léa Silhol ) – couverture de Dorian Machecourt

OUTSIDE : / facts /

Léa Silhol – Sous le Lierre (roman)

Par-delà un simple mur écroulé, au fond du parc d’un manoir anglais, s’étendent des bois immenses, ceinturés de légendes et d’étranges interdits. L’héritière de cette antique demeure, Ivy Winthorpe, ne se définit que par le regard sarcastique qu’elle jette sur toutes choses, les livres qu’elle lit en cachette, sa nature de centaure et, par-dessus tout, les bois vers lesquels elle ne cesse de s’évader, contre toute opposition et obstacle.
C’est la plume de celle qui se définit elle-même comme “un petit système ensauvagé” qu’endosse l’auteure, le temps d’un hymne barbare, à la charnière entre les jardins d’une aristocratie moribonde et les étendues de la millénaire forêt de Savernake, noyée de mystère et de vivants secrets.

Un voyage passionnel et féroce dans le grand vert de l’implacable nature, filigrané par la figure énigmatique du Green-Man, le pas des cavaliers, et hanté par l’ombre obsédante du Heathcliff d’Emily Brontë.

488 pages.
édition brochée (17 x 22 cm)
ISBN 9791094902059
Léa Silhol : # Sous le Lierre
Couverture et illustration intérieure originale de Dorian Machecourt.
31 mai 2016 – Nitchevo Factory éd.

Avec un profond salut (nécessairement amoureux) au “Under the Ivy” de Kate bush

2009-2013 // It ain’t over ’til It’s over

Le mois dernier, de retour sur la Toile, mon site annonçait “en grève” , et poursuivait par un état des lieux qui séparait “ce que j’escomptais faire” (avant ReLIRE) / et “ce que je faisais au final” (depuis/à cause de ReLIRE).
 
Nous allons commenter cela:
 

:: ON STRIKE ::

: CURRENT ::

Programme de parution 2013-14

– Réédition en director’s cut de tout le “fond”

  1. – P——— P—- – a novel of Frontier
  2. – Cartulaire d’Isenne – bible romancée
  3. – N——– – recueil poétique
  4. – Sacra
  5. – Fovéa, edit 3
  6. – La Glace & la Nuit II /Albedo
  7. – La glace & la Nuit – apartés / Iosis
  8. – La Glace & la Nuit III / Rubedo

& more(en lieu et place) :

  1. – A plein temps en première ligne du combat contre la loi sur les «Livres indisponibles du XXeme siècle», et la mainmise du Registre ReLIRE sur plusieurs de ses oeuvres.
  2. – Coordinatrice de la Hotline à destination des auteurs Anglophones «saisis» par le Registre ReLIRE, en partenariat avec les auteurs, et les Sociétés d’Auteur sur la plateforme Nitch

 REACT ! – REFUSE ! – PUT YOUR BODY UPON THE GEARS !

 ∅  LS calls YOU to: Sign the Reader’s Petition Sign the Writers’ Petition Follow the #ReLire on twitter with ReCALE

Les “Lecteurs actifs” / les “vrais amoureux de la littérature” / les “vrais citoyens“/ & les “(seuls) lecteurs selon mon coeur” (disons-le tout net)
peuvent lire ce que j’écris (et fais) sur l’autre blog / aka “mon vrai blog : ADRENADREAM

Ω

OUI, avant que le “projet ReLIRE” advienne, j’étais en train de préparer ces choses
OUI, je les considère toujours, mais elles sont remises en question
NON, publier mes propres textes ne passera pas avant cette lutte capitale
OUI, je vais en dire “plus” sur les bouquins en question
NON, actuellement, je n’écris rien, parce que cette lutte contre l’Absurde vole tout mon temps, toute mon énergie, et la Lumière (le peu qu’il en restait)
MAIS… j’ai commencé un nouveau bouquin. Il sera dédié à ReLIRE, à la destruction du monde, à l’abaissement de l’Humanité, et à la mémoire de tous les dystopiens qui ont crié au loup, à travers leurs livres, tandis que les Monstres approchaient.
Il s’ouvre sur cette citation historique de Mario Savio :
M. Savio’s opening quotation of currenly-in-writing LS’s novel- straight from the tapuscript
Nous allons en reparler, oui.
De tout cela, et du reste.
Pour mieux cintrer la “différence entre ce blog et “l’autre = Adrenadream”… vous pouvez lire :
Ceci (où il est question aussi de “où je suis sur Internet en ce moment”)
– et Cela (upcoming @ Adrenadream)
Stay tuned (if you’re still alive)
LS/.
This Post’s title is a tribute to : Lenny Kravitz, of course
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