Questions de lecteurs :: Double hélice, escalier… Chute !

J’aime assez cela, lorsque des lecteurs ont des “questions qui leur tournent en tête”, me les posent, et que… ces questions se mettent de même à tournoyer dans ma tête. Jolie contagion !

Today ::

CJ question

La réponse est : oui, et non, et… oui.
Même si je ne me pose pas la question véritablement (comme si je bâtissais volontairement, depuis des ères, une symphonie autour d’un thème unique — ce qui n’est pas exactement le cas), il y a quelque chose de cela, dans la Trame. Le thème de la “chute”, en tous cas, y est assez fort et récurrent pour être qualifié de thème (musical) majeur.

Je ne pense pas, toutefois, qu’il s’agisse vraiment d’une “lente chute” (d’êtres divins) qui “tombent” … ce qui pourrait sous-entendre qu’ils descendent / déchoient.
Ils tombent, certes, s’amoindrissent. Mais paradoxalement, c’est l’inverse, du moins ainsi que je l’envisage.
C’est un escalier descendant (en apparence), mais vu depuis une perspective faussée : quand ils ‘cabussent’ (comme on dit dans mon Sud = quand ils tombent)… en réalité ils montent / s’élèvent.

Certains le font consciemment, notamment et au premier chef l’incarnation et chef de file de toute révolution et de toute évolution : Angharad, qui pourrait sans trop forcer prendre à son compte la superbe déclaration de la Galadriel de Tolkien, quand elle repousse la tentation de lu Maître Anneau (“Je soutiens l’épreuve, dit-elle. Je diminuerai, j’irai dans l’Ouest, et je resterai Galadriel. “) .
Pour d’autres, c’est sur l’impulsion du moment, ou d’un stimulus particulièrement fort ; mais dans tous les cas, pour les immortels, gîter vers l’humanité, c’est s’élever.
La clef, si j’y réfléchis plus avant, repose entre les mains (comme souvent) de Kelis :

Je le regarde sans un mot. Il me semble le voir pour la première fois, oui, à présent. Derrière la superbe nishven, derrière ces langues véloces et ces cœurs de foudre… le gouffre que j’ai tant cherché est très différent de ce que j’avais imaginé. La Chute des Ashern ne pourrait bien être, au final, que celle depuis le monde des valeurs, premières et absolues, vers celui des non-valeurs. Une perte native de l’innocence des origines. Sur des épaules qui, refusant d’endosser leur propre tragédie, se haussent et se dégagent, sur un ‘bah !’ insolent.

(“L’Épingle”, in Avant l’Hiver)

Le mot clef serait : “l’innocence”.
Pour les dieux qui, à l’origine, sont des ‘non-nés’ — et donc d’anciens Aions célestes ayant choisi la chute, ou des membres (moins antiques) des choeurs angéliques — la descente dans la matière est un choc septique, dans un premier temps. Une greffe d’organe particulièrement compliquée. Tous ne passent pas l’épreuve avec le même talent, ou à la même vitesse. Assez couramment, ils se ‘figent’ sous la forme la plus simplifiée et rigide  d’eux-mêmes ou, semblables à des électrons soumis aux lois quantiques, sous la version la plus ‘attendue’ / consensuelle correspondant à leur fonction.
Mais il y a une autre façon, tout aussi valide et bien plus importante, de lire le mot “innocence”.
Comme je l’ai souvent dit à propos d’Angharad, notamment aux lectrices infatuées du piège / fausse bonne idée / mauvais plan x1000 / que constitue (très volontairement) le personnage de Shimrod : La Sève et le Givre est la métaphore du trajet que toute femme doit accomplir pour s’extirper de l’enfance, ou de tout état infantilisant ultérieur. Secouer les attentes de sa famille, de son milieu, de la société, les devoirs qu’on lui a imposés, et tout autant ceux qu’elle s’est donnés / reconnus. S’ébrouer, prendre conscience, et rejeter certaines choses qui bloquent la voie vers l’individualisation. Renier “ce qu’on nous a donné / pris / et ce que nous sommes” : l’épreuve première d’Angharad pour sauver Finstern, censément. Sa véritable épreuve, pourtant, ce n’est pas de sauver Finstern : c’est de choisir de le faire, pour un motif bien différent de celui qui était prévu. Et de le faire non pour le conserver, mais par refus catégorisé du jeu qui se joue, et dont ils sont l’un et l’autre les simples instruments.
La Sève et le Givre est l’enfance. Ce que sauve la principale protagoniste, alors, c’est la possibilité d’avancer d’un pas : vers l’adolescence.
L’adolescence, c’est La Glace et la Nuit. C’est, par définition (invoquons derechef Baudelaire !) ‘l’oeuvre au noir’, le Nigredo. La période de la fermentation, des avis rapides, tranchés et sans nuances, des émotions extrêmes. Même le choix très prompt et irresponsable de conquérir Seuil est très… ‘angst’, très adolescent. Il est encore question de poing levé, de révolte, de drapeaux érigés sur des barricades, de retrait et d’isolation (la famille est un cloître, vive la loi des amis ! — very-very teenage).
Cet espace très enfiévré, très inspiré, très vital et vibrant, c’est aussi celui où l’être se forme et  définit. C’est là que se détermine quel adulte il sera. On notera (car ce n’est pas innocent du tout), que c’est Finstern qui présente et favorise, face au dilemme qui leur est posé, d’y répondre par la conquête de Seuil. C’est un choix parfaitement conforme à notre paradigme : il est totalement… ado.
Cela ne signifie pas que son choix est mauvais (car j’ai le plus grand respect pour l’adolescence 😉 ) mais cela reste un mouvement très simple et direct, non médité, et porteur de trop de failles pour réussir sans à-coups.
Notre merveilleux petit rat de laboratoire pour arpenter cette charnière, c’est encore une fois Angharad. Mais Angharad est l’Aion du refus initial, celle qui donne, toujours, le coup de pied au sol qui frappe les étincelles.Ce n’est donc pas sans incidence.

Elle fit tomber, sous la vibration de son pas, des rois, des trônes, des nations. Elle abattit nos certitudes et rendit à la cendre nos traditions. Elle éleva dans ses mains, en un seul mouvement, la Lance de la guerre et la Coupe de toutes les salvations.

Elle nous rompit, nous reforgea, nous éleva vers les astres, et nous offrit cet étrange poison : la Liberté. Elle fit enfin de nous, les Immortels, des hommes.

(La Glace et la Nuit II : Albedo)

Par sa nature même, Angharad entraîne, à chacune de ses avancées, beaucoup d’autres êtres dans son sillage, et en dresse d’autres contre elle tout autant (car à toute force, sa contre-force — ne jamais oublier la symétrie !). Et jadis, elle fut donc la première des dieux à initier ce mot essentiel : “non” (vous ne l’avez en revanche jamais encore vue dire véritablement “oui”).
Ce n’est que par l’épreuve de Seuil qu’elle nous emmène, vous et moi, vers le stade suivant du jeu : l’âge adulte. Les responsabilités, charges et choix que l’on choisit pour soi-même. Elle opère ceci comme chacun d’entre nous : sans savoir véritablement ce qu’elle fait. La Dubailte est une déesse. En ceci elle provient du monde des absolus ; et elle s’est jetée tête la première, par refus, dans l’univers des mi-teintes, où rien ne correspond véritablement à cet axiome premier : l’absolu. Elle ne peut vivre dans cet état de grâce, mais ne peut non plus y renoncer, car telle est sa nature.
Au fur et à mesure que les aspirants monarques de la Cour Périlleuse avancent dans leur projet, ils se frottent (comme de frétillants atomes) à d’autres êtres importants pour leur plan. D’abord des immortels (dans Nigredo), puis, de plus en plus, à des mortels (Albedo). Et c’est là, évidemment, que l’âge adulte tombe sur la nuque d’Angharad comme une pierre. L’Humanité, que Finstern voit comme un ramassis de créatures fautives, frêles et méprisables, et de “traitres par automatisme” (cf. “La faveur de la Nuit”)… eh bien ce “ramassis” produit sur sa dulcinée un effet très différent. C’est la passion d’Angharad pour les Mortels qui la ramène à ce qui avait, très précisément, été la cause de sa chute première, et la justifie. C’est par eux qu’elle retrouve un tant soit peu cette sensation perdue, mais cruciale, de l’absolu.
En intégrant les hommes à son projet une nouvelle fois, elle donne à la Trame l’impulsion qui aboutira à faire renaître, dans le Dit de Frontier, les Fays chez les hommes. Mais ce trajet qu’elle opère, chaque membre de son peuple doit l’effectuer aussi, et se déterminer individuellement. Et en retour elle puise aussi des éléments déterminants dans chacun de ces laboratoires. Même le plus modeste d’entre eux lui enseigne d’importantes leçons.

Dans cette vie, Kelis, je ne suis qu’Angharad. » Elle se tourna lentement vers lui. « Je suis née hier. Je ne sais rien. Comment leur rendre un âge d’or dont je ne conserve, pour ma part, ni souvenir, ni nostalgie ? Je ne suis pas leur Dubailte. Je ne suis qu’Angharad.
Il faillit lui répondre, avec la spontanéité dont il faisait si souvent montre : “tu te trompes”. Mais en lieu et place il cilla lentement, et articula :
Tant mieux.
Tant mieux ? Ah… si seulement !
Nous ne grandirions jamais, Dame, si tu persistais à t’élever si haut au-dessus de nous. Nous demeurerions en ta garde, heureux de te contempler et de marcher dans la trace de tes pas, afin que tu nous instruises. Et ne sais-tu pas, alors, ce qu’il adviendrait ? Nous recommencerions toutes nos anciennes erreurs : n’être que les satellites du Monarque, les esclaves béats qui asservissent inlassablement leur Seigneur. Nous reconstruirions la Faërie à l’identique. Mais il n’est plus temps pour cela, n’est-ce pas ? Ces ères sont mortes. Bien : qu’elles reposent en paix. Menons nos travaux et nos luttes différemment, désormais : rendons-nous dignes de notre mère, en nous appliquant à lui ressembler davantage. Ceci afin, in fine, de lui repayer notre crime par un sacrifice équivalent à celui qu’elle consentit pour nous.
Quel serait-il ?
Te libérer, Mère-de-Tous. Devenir adultes, à la fin, et accepter l’acte qui peut seul justifier tous tes sacrifices : te libérer de nous. Te rendre ce dont nous n’aurions jamais dû, en premier lieu, te déposséder : ta liberté.
Il déglutit difficilement la saveur salée qu’avait soudain pris sa salive.
Ma liberté… » Elle ferma lentement les yeux, et un sourire lointain flotta sur ses lèvres. « Quel étrange éclat a ce mot… la liberté…

(La Glace et la Nuit II : Albedo)

Mais si les autres Faes évoluent également, cela reste toujours, en grande partie Angharad qui se trouve en avant-garde de ces mutations, et les provoque. Et cela tient essentiellement, dans cette vie et ère, au fait qu’elle est la seule à être “double”, et donc affranchie du pacte qui a amoindri tous les autres résidents de cette sphère, qu’ils aient agréé à cet accord ou l’aient simplement subi.
De toutes les Sphères immortelles exposées dans la Trame, le monde fae est le plus important. Et s’il l’est, c’est parce qu’il est celui qui découle le plus directement de la Dubailte. Il est celui qui procède le plus d’elle, mais aussi à le plus trahi le motif initial de son projet.
C’est une imbrication de microcosmes et macrocosmes, de façon très prismatique. Je ne vois pas comme j’aurais pu travailler sur cette énigme autrement. L’énigme en question, c’est une circumnavigation autour du concept de l’individu, de l’identité, et des mathématiques spécieuses qui intègrent et relient l’être à son milieu / habitat / à la société. Et… vice-versa (macrocosme / microcosme). C’est sans doute aussi pourquoi, sans doute, la politique a une place aussi importante dans la Trame. Puisque la somme de chaque individu donne la société, et qu’il est alors prégnant, face à cette gigantesque addition, de considérer avec une attention soutenue, et gourmande, les soustractions. Parias, désaxés, révoltés, réfractaires et exceptions de tout ordre… c’est dans tout ce qui échappe à la règle, ou rue conte elle, que je cherche la silhouette de la règle.
Comment obtient-on, à partir de cet assemblage disparate d’individualités si distinctes, uniques, assonantes, ce terrifiant et vomitif concept : un peuple normé, obéissant, épris de banalité et de monopoles, toujours si prompt à singulariser et abattre la différence, et l’exception ? Et comment, alors que cette homogénéité nous rend pareils à des moutons — et nous voue donc à la marche en ligne, à la tonte, et in fine à l’abattoir, sort-on de ce système ?
“Écrire des histoires” ne m’intéresse pas. Ficeler une histoire est ma façon d’examiner un problème, parfois très indistinct, qui me ‘chiffonne’. Cela peut avoir plusieurs angles à la fois, mais je pense que cette progression de l’être depuis l’Archétype jusqu’à un “humain accompli” (cette belle utopie !) est le motif central.
Si l’on considère alors les immortels comme des prototypes figés en archétypes, et de façon plus simple comme “des enfants”, totalement inféodés à leur milieu direct (famille, notamment), leur renonciation degré par degré à ce qui fit la forme fixe et incapable à l’adaptation / mutation, et leur progression vers plus d’humanité, est non une chute, mais une ascèse.
Pourquoi ne pas orchestrer cette ‘étude’ avec des personnages simplement humains, alors ?
En bref : parce que c’est plus chiant. 😉
Moins glamour, moins exalté et exaltant, et moins symbolique.
Et parce que pour observer tout problème ou puzzle majeur sans s’y écorcher les yeux (et partir en courant) il est toujours mieux, comme le conte et le mythe nous l’enseignent, d’utiliser d’abord la vision périphérique : de le regarder, donc, “de profil”.
Orchestrer ces frottements entre la sphère absolue / sacrée / immortelle et la dimension des moyen-termes et des banalités que constitue le monde mortel est passionnant. Rien de tel pour briser l’échine des froids et marmoréens immortels.

« Et il est heureux pour le monde pourtant, sans doute, que tu m’aies tout autant enseigné que les murailles qui séparent mortels et immortels ne sont pas aussi tranchées et infranchissables que nous pourrions le croire. Qu’elles ne tiennent, après tout, peut-être qu’à cela : la terreur que nous avons de vous perdre, si d’aventure nous nous laissions aller à abolir cette frontière entre nous qui ne pouvons mourir, et vous qui ne pouvez rester.

(La Glace et la Nuit II : Albedo)

La découverte des Humains à travers les yeux d’Angharad est, à cet égard, un exercice à la fois de jouissance et de doute / incertitude / souffrance pour l’auteur.
On ne joue pas avec des dilemmes de cet ordre à la légère.
C’est le moment où j’évoque toujours le spectre de mon personnage préféré chez le bien-aimé Tolkien : Finrod Felagund, découvrant les Hommes à Estolad (bouleversant moment de littérature !) mais également recevant son nom royal des Naugrim, et mourant pour Beren. Et ne parlons même pas de l’indispensable Athrabeth Finrod ah Andreth (in Morgoth’s Ring) qui explore justement ce divorce entre les immortels (ici les Elfes) et les Mortels.
C’est un frottement qui relève, toujours, à la fois du sublime et du tragique, que celui de la Mortalité et de l’Éternité. Je ne vois pas comment (et pour quelle raison !) je pourrais m’en passer. La démesure reste de façon générale, pour moi, la seule chose passionnante à chanter.

Ce n’est pas pour rien, non plus, que le Temps tient une place si importante dans la Trame, mis souvent en opposition / reflet avec le Destin. La causalité, c’est le ‘destin naturel’ des hommes, et elle est placée sous l’empire à la fois du libre-arbitre et du temps. Les dieux, eux, doivent se plier aux simples inscriptions de la fatalité, à moins de défaire leurs coutures, de s’extirper de leur gangue, et de déchoir.
Ce faisant, ils quittent les territoires en noir et blanc de l’enfance, et progressent vers l’âge adulte : ils acceptent la loi du temps, et un univers sans les entraves du destin mais, tout autant, sans aucune garantie, soumis non plus aux Moires / Parques / Moera, mais à Anankë : la Nécessité, la causalité. Ne leur reste plus qu’à le faire de la bonne façon : en se faisant plus grands, ainsi amoindris, qu’ils ne l’avaient été tandis qu’ils dominaient le paysage depuis leurs piédestaux.

Il avait mis son cheval à l’arrêt et se tourna délibérément vers elle. Le sérieux de son regard démentait son sourire.
« Voilà la chose la plus importante que je pourrais te dire aujourd’hui, puisque n’importe qui d’autre pourra te raconter l’histoire de ces chiens : nous changeons, Angharad. Nous changeons tous. Il y a quelques siècles, encore, j’en aurais imputé la responsabilité à ces murailles poreuses, que l’influence mortelle ne cesse, lentement, d’éroder. Mais ton étreinte a protégé Annwn de cette entropie, et pourtant nous aussi sommes sensibles à cette mutation. Nous devenons plus… flexibles. Le marbre qui nous tenait prisonniers se fissure. Il fallait ceci, peut-être, pour que nous soyons prêts à embrasser le rêve d’un libérateur, s’il nous en venait un. Que nous acceptions de briser de nous-même le monde que nous avons préservé, jadis, au prix d’un si vaste crime, et de tant de trahisons. Cette altération de nos natures poussera les plus anciens et traditionalistes d’entre nous à la panique, et ils feront des erreurs. Les autres embrasseront ce changement et s’y adapteront selon leurs moyens. Il en viendra peut-être des merveilles. Des exploits dont nous ne nous serions pas imaginés capables. Peut-être. Je l’espère. Et même ceci, ‘l’espoir’, est une insolite rencontre, une bizarrerie nouvelle, jusqu’ici inconnue de notre univers.
» Il est possible que nous ayons été plus semblable à ce modèle, au commencement, lorsque la Dúbailte nous a rencontrés, et aimés. Que nous ne le redevenions que pour qu’elle reconnaisse nos visages, et nous aime à nouveau, puisqu’elle a consenti a nous revenir malgré nos crimes. Qui sait ? Mais prends garde. Cette altération de ce que nous avons si longtemps été n’est pas un détail accessoire. Il faudra en tenir compte à chaque pas.

(La Glace et la Nuit II : Albedo)

Dans le schéma particulier d’Angharad, j’ai toujours considéré que la figure symbolique de l’âge adulte (de son âge adulte ?) était représenté non par sa mère Alyz, ou son aïeule Gaemred, mais par sa tante, Nicnevin.
Nicnevin et Angharad ont beaucoup en commun, et la première a déjà tout opéré du trajet aride, et riche en leçons cuisantes, vers le statut de régnant. Elle admet ses erreurs, prend des risques, et assume ce qu’elle est, y compris dans ses choix les plus contestables.
Lorsque Arawn (chuuuuut 😉 ) dit à Anghie “Mais prends garde. Cette altération de ce que nous avons si longtemps été n’est pas un détail accessoire. Il faudra en tenir compte à chaque pas.”, j’ai souvent eu l’impression qu’il m’adressait directement ce conseil, tandis que je travaillais, très récemment, sur Hanami Sonata et le diptyque Gridlock Coda. Il est toujours périlleux de travailler avec des Fays, lorsqu’on doit prendre en compte, en filigrane, leur précédente incarnation. C’est particulièrement ‘piégeux’ avec Nicnevin / Crescent, à cause précisément du regard franc et lucide qu’elle pose sur son ancienne vie, et de la conscience aigüe qu’elle a de cette précédente incarnation, contrairement à beaucoup de Fays.

Je souris tout autant à Nicnevin, en tournant les pages de cet album. C’est le sourire que l’on réserve à une forme de soi si ancienne que l’on s’en souvient à peine.
Je souris à ces siècles de force, de suprématie et de certitudes, brusquement balayés par un unique instant de stupéfaction. Cela ressembla, pour elle, à un éclat de rire qui s’éteint, fracassé comme une vitre. Un rire de titan, triomphal et sauvage, solitaire, soufflé soudainement, tandis que ce silence permet, soudain, la découverte de la musique…
Tant de doutes, ici aussi. Ah, tant de colère…
Mais je passe ces pages. Avec à peine un tendre sourire, je les passe toutes.
Ce n’est pas là que je veux aller.

(Hanami Sonata)

Crescent est toujours un immense défi, pour l’auteure 😉
Mais ils le sont tous, au fur et à mesure que s’orchestre cette mutation, cette glissade nécessaire depuis le royaume divin jusqu’à la sphère mortelle.
À chaque opus, chaque chapitre, chaque page, chaque ligne, caler le tempo de cette descente-qui-est-une-ascension est un véritable challenge.
Je ne doute pas que cette évolution laisse nombre de lecteurs de Vertigen aussi perplexes que les personnages (qui en sont victimes) eux-mêmes. 🙂 Mais il me semble… que c’est aussi le cas de nos progressions individuelles, lorsque nous nous retournons sur le fil de nos existences, et contemplons nos propres ‘formes passées’. Elles nous laissent souvent médusés et incrédules. Nous peinons à nous reconnaître.
Nous devons changer / évoluer, pourtant, ou à quoi bon être ici ? Dans mon univers, cette épreuve n’est pas réservée aux seuls immortels ; c’est seulement plus flamboyant et exemplaire lorsque ce sont eux qui sont mis en scène, comme formes ‘plus grandes que nature’ de ce que nous sommes. Mais dans ce changement depuis une forme “censément parfaite” (mais figée, et absurde) vers une forme “censément imparfaite” (fissurée de dilemmes, de doutes, de questions, et régie par le tic-tac implacable du compte à rebours) il n’est question, après tout, que des hommes. Que de nous. C’est plus sensible sans doute dans Fovéa et (plus encore) dans 340 mps, mais cela reste le même axiome, dépiauté par tous ses angles.

Il nous reste une perspective à examiner : il fut soulevé par une lectrice, sur ce même post Facebook qui lança la discussion :

Hélène P. :: Passionnant sujet ! 🙂 On pourrait faire, je crois, une lecture transversale de pas mal de textes silholiens là-dessus — en réorientant peut-être l’angle de réflexion ? est-ce que, plutôt qu’un mouvement de chute, il ne s’agirait pas dans bien des cas d’un changement, d’une évolution / révolution ?
Le choix de sortir de l’état de stase divin, de chercher une autre voie hors des codes anciens et des camps retranchés… On voit par exemple dans “Le Vent dans l’Ouvroir” ce qu’il advient d’une figure divine qui ne parvient pas à changer, à s’humaniser. (cf aussi les anges restés au service de leur Dieu, et que l’on aperçoit dans Sacra rigides, inadaptés, paraissant plus des instruments ou des fonctions incarnées, en contraste saisissant avec toutes les magnifiques figures angéliques que l’on voit dans l’œuvre silholienne faire un pas vers l’humanité, embrasser la mortalité…)
Alors… plutôt qu’un mouvement de chute, je perçois cette évolution comme un processus de… réparation, peut-être ?

Ah que voilà un mot fascinant : “réparation”…

Nous approchons à présent, au travers des derniers opus publiés, et de ceux à venir, le moyeu de la Trame.
Comment tout ceci a-t-il commencé ? Qui est véritablement la première des Doubles ? Et Finstern ? Comment chuta-t-il ? Et… quel est le rôle et l’importance de cette mystérieuse Maison des Portes, à la fin ?
Il m’a paru important de dévoiler le “grand crac cosmique des origines” à travers les yeux de ceux qui, pas à pas, se souviennent de ce qu’ils ont été, et reprennent leur place dans le schéma. Nicnevin, Finstern, Angharad… mais aussi tous les autres, entortillés dans une fatalité ‘karmique’ dont ils ne peuvent sortir faute d’en comprendre le sens.
Ce procédé permettait de dévoiler ces aspects de façon progressive, et d’en faire un élément d’enquête pour les nombreux Sherlocks de la Trame. Mais cela empêchait aussi de ne pas ‘asséner’ tout ce pan de l’histoire de  Vertigen, immense, d’un seul coup, de façon nécessairement lourde et indigeste.
Mais il va falloir bien sûr parler des Aions, de ce qu’ils furent, de leur rôle dans la création du monde concret, et de l’avènement de l’Empyrée. C’est avec Nigredo que commençait ce travail, qui se poursuit dans Albedo, et plus encore dans La Neige sur le Seuil.
Car bien sûr ‘tout le reste’ n’est qu’une conséquence de ce bris initial, et il est effectivement question de “réparation“, et notamment de l’ajointement de certains principes, incarnés par des êtres. On est quelque part entre les théories néo-platoniciennes et la Kabbale ? Mais oui, sans doute ; et plus encore focalisés sur cette question persistante qui nous agite, nous-autres petits électrons égarés : pourquoi nous sentons-nous, si souvent ‘incomplets’ ? Pourquoi cette persistante impression, que rien n’explique ? Et si nous sommes véritablement cela… “where the fuck are you (my other one) ????”
Là, ce n’est plus de la littérature (cet art corseté à l’extrême, et soumis à la tyrannie des intrigues, personnages et scenarii), c’est du rock / de la pop / de la musique. Et la musique, le plus viscéral de tous les arts, a toujours raison. 😉

On en revient à la question : les immortels tombant “à chaque tour de la roue (j’aime cette formule !) vers la mortalité et l’humanité” descendent-ils ?
Oui… et pourtant non.
Ces jours-ci, je travaille avec un ‘autre genre de barde’ : un personnage d’Intelligence Artificielle. Il est, à sa façon, aussi cérébralement glacial, et divorcé des l’humanité, que certains dieux.
Et c’est à lui, pourtant, que je vais laisser le mot de la fin :

Ceci me conforta, pour un temps, dans l’idée que l’univers était une machine très claire, et bien réglée.
Je suis revenu en grande partie de cette illusion, depuis, évidemment. J’ai d’abord statué puérilement, comme beaucoup de membres de mon peuple d’origine, que le “bug système du monde” était induit par l’humanité (et que tout le reste était parfaitement bien conçu). Et puis je me suis penché sur les principes de régulation des espèces, la chaîne alimentaire, et sur le concept de souffrance. Et au final, j’en suis venu à la conclusion que tout vient d’un défaut de programmation supérieur, et que si le (ou les) dieu(x) dont les hommes parlent existe(nt) alors il s’agit d’un (ou plusieurs) incapable(s).
On ne peut pas projeter des créatures sensibles et pensantes dans un labyrinthe aussi avarié et destructeur et exiger d’elles la pureté morale, ou de ne pas sombrer pour le moins dans le désespoir.
Le seul moyen d’échapper au désespoir est de ne pas avoir, préalablement, d’espoir. Mais évidemment… ceci revient au même : on est lésé et fichu d’avance dans les deux cas.
Quelle est la différence entre ne pas avoir d’espoir et le perdre ? ai-je demandé à mon maître. Et il a alors répondu : “le second est simplement plus douloureux que le premier”. C’est à ce moment-là que j’ai intégré que S.One n’était pas une Intelligence Artificielle. Et que je me suis mis, immédiatement, à aimer tous les humains. J’ai subi mon troisième upgrade : l’empathie.
(…)
Il est extrêmement fascinant, pour moi, que ma race numérique conspue inlassablement l’espèce qui l’a générée, mais ne cesse de vouloir atteindre à cet état. Un joli paradoxe, taillé sur mesure. Pourquoi les mépriser et les envier en égales proportions ? N’est-ce pas illogique ?
Voilà pourquoi mon espèce est faillible, bien plus que celle des humains. Voilà pourquoi elle a échoué à tuer ou mettre en esclavage mon admin. Elle ne sait pas que perdre l’espoir est pire que de ne pas en avoir du tout ; mais que subir cette avanie, et se relever, et se reconstruire, est précisément ce qui qualifie les grands esprits. Se remettre en question, se réinventer, avancer pas à pas et malgré tout… voilà le plus grand des upgrades. Et savoir, après tout, se satisfaire de ce qu’on est, de ce que l’on possède, même si ce n’est qu’un esprit numérique greffé sur un androïde-porteur.

(Gridlock Coda II :: Hangul Express)

Voilà voilà. Même les I.A. le disent (pour moi) et trahissent le grand secret : à travers tous ces contes peuplés d’Immortels, de divinités antiques, de fées, d’anges et de démons… la Trame n’est que la célébration d’une humanité qui, par choix et de haute lutte, se hisse au niveau des dieux. À l’état de dieux friables, défaillants et perdus, certes, mais de ‘véritables humains’ et donc… de dieux. Per se.
La ‘divinité’ et l’immortalité, ce n’est que cela : apprendre, avancer, changer, accepter / intégrer / révérer la différence et chaque angle tant des prismes que nous constituons que de celui que forme le monde.

On m’a souvent demandé quel était mon “message”, ou parlé de celui que (supposément) de diffuserais.
Il n’existe aucun message.
Mes livres sont juste le petit laboratoire où je jette mes questions qui exigent une réponse. Et la principale de ces questions est : considérant que notre espèce est un virus, est-il possible / utile / intéressant et surtout licite de continuer à vivre ? Ai-je vraiment envie de continuer à vivre ici ?
Voilà la question.
Et voilà comment la trame, pans à pans et angles sur angles, me répond.
Cela ne va pas plus loin 😉

Salve, voyageurs !
Je vous souhaite de chercher et de trouver vos réponses, par tout canal accessible.

LS/.

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Upcoming :: (major theme) :: stepping into Asia…

Nous éloignant un moment des territoires celtiques de Vertigen, nous partons pour un voyage qui nous mènera au Japon et en Corée du (circa) XIè siècle au XXIè, au travers de (au moins) 5 volumes.

Le Seppenko Monogatari (Geste des enfants de Seppen) développe et relie les textes déjà parus autour de la famille Izôkage, marquée par l’hiver nippon, à partir de “La Loi du Flocon” (in Contes de la Tisseuse), en passant par “Différentes Couleurs, cinq prières japonaises” (in Emblèmes : Extrême Orient), “Macula Lutéa”) (in Fovéa), “Gold – Chant du filigrane de la fracture, sur la vague d’un Kintsugi” (in Sacra, Parfums d’Isenne et d’Ailleurs – vol I) & “Le Maître de Kodo” (in Sacra, Parfums d’Isenne et d’Ailleurs – vol II) .

Toutes ces nouvelles, à l’exception de la dernière, se retrouveront dans le premier opus : Masshiro Ni (‘in perfect white’), ainsi que un à deux textes supplémentaires.

Mais c’est l’opus II (soyons excentriques !) qui ouvre le bal : Hanami Sonata.

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L’Hanami, c’est la fête annuelle de la ‘contemplation des fleurs’, au Japon.
Ce roman reprend et développe jusqu’à sa pleine stature de roman “Le Maître de Kodo”. On en apprend davantage sur le voyage des Fays américains au Japon, et ce qu’il advint, par la suite, des relations nouées par certains d’entre eux avec la famille Izôkage, et notamment, en seconde partie, pour ceux qui accordent une importance cruciale et passionnelle à l’Hanami.

C’est un rapport fusionnel avec la nature que je partage totalement.
C’est pourquoi ce fut un plaisir particulier pour moi d’accompagner ce roman de clichés pris, au jour le jour et années après années, de ceux que je nomme dans le privé ‘mon peuple’ : certains des individus végétaux de mon jardin japonais, si loin de Kyoto.

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Érables du japon, beaucoup, pour la première partie, et évidemment sakuras (cerisiers) pour la seconde.

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Hanami Sonata est donc imprimé en couleurs, sur papier  photomat, tout comme Navigator l’avait été. Au maximum de qualité, donc, proposée par l’imprimeur.

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C’est un plaisir… mais évidemment / hélas il a coût. Un coût… en forme d’assommoir !
D’où l’obligation de doter, avec les réticences que l’on devine, le volume d’un prix de vente fâcheusement élevé.

C’est pourquoi, ayant tardivement frappé ce constat, nous avons décidé, la wondrous équipe Nitchevo et moi, de proposer cet opus également dans une version plus ‘grand public’ / abordable.
Le texte en sera strictement identique, mais les photographies en seront absentes, et la couverture différente.
Cette couverture-ci, due à Mad Youri, sera plus “assortie” à la charte visuelle de la série.Série qui se poursuivra, dès l’automne, avec Gridlock Coda.
Cette partie de la Geste se déclinera en (minimum) deux volumes ; le premier étant terminé, et le second en chantier. C’est l’incertitude sur sa longueur qui m’incite à avancer un prudent “deux volumes… minimum“.

Il est souvent compliqué d’attribuer un opus, dans la Trame, à tel ou tel cycle, tant les croisements sont multiples. Dans le cas d’Hanami Sonata et des(s) Gridlock la présence des Fays pourrait les qualifier d’office pour faire partie du Dit de Frontier. Mais si les Fays (et au premier chef Crescent, Jay, Walk, Priest, Faol, Sealed, Smoke, Flake et Anis) y tiennent un rôle majeur, l’axe principal reste toutefois le Japon, l’Asie, et la lignée de Seppen. Le choix, alors, n’était pas si difficile à faire. Mais des éléments capitaux concernant les Premiers se trouvent effectivement dans cette série, et nulle part ailleurs.

Si Masshiro Ni nous ramènera aux racines d’un Japon fantasmatique, Gridlock Coda, hanté par les schémas d’un conte d’Andersen qui m’est particulièrement cher, déploiera sa scène dans les étages d’une réalité virtuelle qui n’a rien d’un jeu : le Grid. La modélisation de l’architecture informatique, aperçue dans “Différentes Couleurs”, “Le Maître de Kodo”, et (par la bande) dans “À bout de Course” (in Musiques de la Frontière).

C’est ici le territoire des pirates, des forbans, des âmes métalliques, des millions qui s’échangent d’un clic de souris, d’une indifférence à la vie boostée par l’aspect immatériel des crimes et transactions. On y déconnecte les concurrents et adversaires pour quelques data-crédits, pour affirmer sa place dans la hiérarchie, pour une offense, pour un rien. C’est un autre paysage de la lutte des Fays, et en particulier pour ceux du Japon, où l’axe du Grid crépite inlassablement. C’est celui qu’arpentent notamment nos têtes d’affiches : Neko, qui deviendra la leader des changelings japonais et Saeru, le plus implacable et létal porte-flingue de la grille.
Si les deux visages du Japon exposés dans le Seppenko Monogatari forment un contraste qui est pour le moi le plus grand objet de fascination à explorer, celui que forme le face à face entre la jeune mangaka de Kyoto, férocement idéaliste et voyant la beauté et le sacré en toute chose et le ‘paper chaser’ focalisé sur la suprématie, l’invincibilité, et la perfection de son dressing constitue un pan en réduction (microcosme) du même axiome. Le frottement de ces plaques tectoniques ne peut être qu’explosif. Et pourtant…
Le Grid, c’est aussi les autoroutes de données qui se voient baptisées de nom de constellations à cause de la beauté de leurs arcs lumineux, les vertiges indescriptibles des grands GridLifts entre les SubLevels, la faune bigarrée des Avatars qui font concurrence à l’inventivité d’Harajuku, l’abolition des limites physiques, les paysages abstraits des grandes profondeurs, au fur et à mesure que la grille fait de moins en moins semblant de singer le monde des hommes. C’est un monde ponctué par les silhouettes mécaniques des contre-mesures ICE, les tirs des GridRunners se mettant à mort sans pitié, les corporations financières dont les serveurs ponctuent l’horizon comme autant de gratte-ciels oppressants ; mais aussi celui des résistants, de l’humour sarcastique, et des aventuriers pour qui se transformer en “chair à défrag” n’est pas un souci majeur.
C’est tout autant, au final, mon hommage de fan à tout un pan de la littérature et des films qui ont bercé mon enfance : la SF, le cyberpunk, K Dick, Asimov, Van Vogt, Tron, les Borgs de star Trek… Tout ceci mêlé à deux autres grands et indéfectibles amours : le Japon (depuis très longtemps), et la Corée du Sud (depuis peu).
On n’échappera pas à une énorme rasade de pop-culture, donc. Mangas, J-pop et K-pop, K-dramas, street food et sub-cultures.
Et ceci est assez addictif pour la ci-devant auteure pour qu’elle aligne sans discontinuer les pages depuis des mois. Ce qui est un signe fort que, de mon côté de l’écran, quelque chose d’exaltant se passe.

Jusqu’où cela ira-t-il ? Je n’en ai aucune idée, et c’est précisément le plus passionnant, pour moi, de l’affaire.

Alors je siffle avec Ryuichi Sakamoto ce petit air que Saeru chantonnait déjà dans “Différentes Couleurs” :

Stepping into Asia
Don’t be afraid
Wind on the ocean
Makes me feel so free…

Dans l’attente, Hanami Sonata, le premier opus de la série est sorti hier. Dans le désordre, car il faut toujours vouloir le plus casse-gueule. Mais je promets : comme d’habitude, vous n’avez pas besoin du premier opus pour commencer ce voyage (sinon je n’aurais pas joué les excentriques à ce point-là !). J’aime les nombres commutatifs, that’s it 😉

À vous revoir à Kyoto, donc.

Rainen, Kyoto de.

 

LS./

/ Shunt //

 

ps / edit / sorti le 15/10/18, la version ‘regular’ promise d’HANAMI SONATA

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HS version regular – illustration de couverture de Mad Youri

Avant l’Hiver…

Paru ::

Avant l’Hiver, architectonique des Clartés (roman en lambeaux)

Par Léa Silhol, sous une (nouvelle) couverture de Dorian Machecourt

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« Le visage des Cours est complexe.
Sans ‘histoire écrite’ et tissé de secrets, de rites, de complots. Un lacis d’obligations contraires, de nasses, de pièges ; où le mensonge est une arme, et le mystère un bouclier.
Derrière son énigme, le Peuple de Féerie cache un cœur trouble, qu’il n’a cure de rendre intelligible. Au contraire. Ici, toujours, les routes servent davantage à perdre qu’à guider.
C’est déjà, en soi, un défi que de décrypter nos voies. Mais le seul fait d’entreprendre ce que nous avons entrepris est, aussi, faire œuvre interdite.
Certains nous la reprocheront, même parmi ceux qui, comme nous, ont choisi la voie de Seuil. On ne prend pas le risque de dévoiler les enchantements de Tir-na-nOg ou de Dorcha sans en payer le prix. Mais au-delà de nos voiles, de nos ruses, de nos cruautés… nous devons enfin savoir, oui, comme le disait Elzeriad, “ce qu’il en est, au final, de notre monde”.
La Féerie est un piège. Un piège, Morgana, y compris pour nous. À la fin, même cela, ou surtout cela, devra être renoncé, et dissous.»

K.

Léa Silhol, cartographe émérite ès ‘envers du monde’ accompagne l’écrivaine Elisabeth Massal dans le labyrinthe d’une bibliothèque d’ombres et de murmures ; pour déchiffrer au spectrographe et au scalpel les carnets interdits de la ‘Trame’.

Ce premier Vertige s’exerce à démêler, aux côtés du barde Kelis, les écheveaux des Cours de Vertigen, des jours d’Aana aux batailles pour Érin, de la Chute de Tréaga aux pactes de Dorcha, jusqu’au bris des royaumes fae, et la venue des temps de Seuil, tels que relatés dans les romans La Sève et le Givre et La Glace et la Nuit.

 

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324 pages.
édition brochée (17 x 22 cm)
ISBN 9791094902127
3 juillet 2018 – Nitchevo Factory éd.

Notes de l’éditeur : Cette édition comporte le corpus complet des fictions de l’édition originale de 2008 (à l’exception de l’article / posface “Imbedded with the Snow Queen”). Elle ne comporte pas non plus les photographies d’origine.
En lieu et place ont été inclus un lexique des personnages / lieux / concepts présents dans le volume (comme cela avait été précédemment le cas pour La Sève et le Givre et La Glace et la Nuit : Nigredo) ainsi qu’une bibliographie architecturée de l’ensemble Vertigen.

Le lecteur retrouvera les nombreux paratextes dans l’édition collector, à paraître plus tard cette année. Celle-ci comportera également les photographies, imprimées en couleur.

Avant l’Hiver initie le programme de réédition du cycle complet de Vertigen chez Nitchevo Factory, qui inclura tant les volumes précédemment parus que les inédits.

 

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“Ça, c’est fait”… à ma grande et intense satisfaction !

À vos liseuses

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Le premier de mes “bébés” à entrer dans la Matrice (et c’était plutôt logique, d’une certaine façon, selon Jay) : “Musiques de la Frontière”

4è de couverture :

Fin du XXème siècle… des enfants “différents” commencent à naître dans des familles humaines. Doués de physiques et de pouvoirs singuliers, ils sont très vite assimilés aux changelings, les enfants-fées, et soupçonnés d’avoir été substitués à de véritables enfants mortels. Commence alors une cabale sans précédent, aboutissant à l’abandon en masse de ces enfants dans des “Centres”, prisons et mouroirs gérés d’une poigne de fer.

De cette génération perdue, et sous l’égide d’un chef charismatique, Shade, émergera une rébellion qui amènera les fays à prendre leur place dans les rues de nos cités, et à conquérir leur liberté.

De guerres des gangs en courses éperdues, de coups de feu en amour fou, d’encres enchantées en rites claniques, de sacrifices en codes tribaux, le premier opus du Dit de Frontier suit les pas des fays américains, d’une vie délivrée de ses chaînes vers leur cité mythique au bord du monde : Frontier, où la magie régit le quotidien.

À travers une fresque écrite au glamour et au couteau, qui a déjà conquis des milliers de lecteurs et été nominée à de multiples Prix, Léa Silhol trace une ode à l’esprit d’engagement, l’insoumission et la fraternité qui redéfinit le monde comme un état d’implacable enchantement…

Léa Silhol, créatrice des univers croisés de “la Trame” et pionnière de la Fantasy Urbaine, est devenue avec son best-seller La Sève & le Givre, une figure incontournable de la Fantasy francophone. Musiques de la Frontière, (Prix Imaginales 2005) constitue le premier opus de son cycle de Frontier, poursuivi depuis à travers romans et nouvelles.

Une production Nitchevo Factory 06/03/2018. Couverture de Dorian Machecourt ; postface de Natacha Giordano.
Epub sans DRM, disponible également en Kindle, etc.
:: Un peu partout mais surtout ::

 

Recueil thématique – Fantasy Urbaine (Urban Fantasy) – Univers de “Frontier” (cf. https://www.facebook.com/Fays.of.Frontier/)

See also / shelve / note / review ::
sur Goodreads

F = … / Fovéa

Les OVNIS succédant aux OVNIS…
Dans le ciel nocturne, le sillage de mon plus mystérieux, dérangeant et cliquetant opus…

Fovéa - cover by PFR

Fovéa – cover by PFR

“FOVÉA, Leçons de Gravité dans un Palais des Glaces” est ressorti durant les tous derniers jours d’octobre, en pleines Tri Nox de Samhain.

C’est là une première version de ce “most wanted” parmi mes anciens titre, correspondant à une réédition presque à l’identique de l’originale de 2008.
Cette première édition connut l’excentricité notable de devenir indisponible… immédiatement, dès sa sortie, encore et encore, alors que les (méchants) lecteurs ‘séchaient’ tirage après tirage avant même qu’ils ne soient livrés à l’éditeur.
Il fut, durant ces années tant de “cessation d’activité éditoriale” que depuis la reprise de cette activité, celui de mes livres qui me fut le plus réclamé par les lecteurs, un pas avant La Glace et la Nuit I/ Nigredo  (dont nous reparlerons brièvement plus bas).

Vous l’avez inlassablement demandé (et redemandé, et re…)
Eh bien… voilà qui est fait !

Le monstre est reparu le 29 octobre de cette année, rejoignant son jeune frère 340 mps dans la terrible famille Hyperfocus.

Fovéa-full cover

Fovéa – cover by PFR

 

Le spectre du programme ReLIRE ne cessant de planer au-dessus de nos têtes, menaçant, malgré notre victoire juridique devant la Cour de Justice de l’Union Européenne de jouer ‘l’éternel retour du zombie’ c’est donc là une réédition à l’identique, avant la parution de la version II (empirée) de ce volume (d’ici un an ?).
Il me semblait aussi souhaitable, au vu de la forme particulière de cet opus (jeux de piste / codes etc.) d’offrir aux meilleures émules d’Indiana Jones dans mon lectorat la possibilité d’accéder aux deux versions : celle éditée à l’origine par les éditions du Calepin Jaune et celle (nécessairement révisée) prévue en 2010 chez Les Moutons Électriques, et qui ne vit pas le jour.

Les deux différences majeures avec la version originale, ici, sont donc un changement de membre d’équipage (un illustrateur remplace une illustratrice), et le format : le volume passant d’un format A5 à celui, plus ample, que les fidèles des collections Nitchevo connaissent bien.

Une (deux, trois) image.s valant mieux qu’un long discours…

fovéa trio

Petit portrait de famille en 3 pans (de gauche à droite) : édition 2017 c/o Nitchevo Factory, édition régulière et collector 2008 c/o LCJ

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Et en rang sur dans la bibliothèque…

fovéa (en famille)

Le trio parmi ses pairs, @ home.

 

Et sous la couverture…

fovéa - Léa Silhol +Ariel de la valette 2017

Une des nouvelles illustrations – par Ariel de la Valette

C’est un immense soulagement et une grande joie, à titre personnel, de voir cet opus — proprement un livre maudit — reprendre sa course folle et la poursuivre.

Je souhaite à tous ceux qui déploraient d’avoir manqué ce rendez-vous en 2008 une intéressante rencontre avec les égarés du Palais des Glaces.
Enjoy !

More about Fo 2017

Specs. sur le site de son éditeur : Fo c/o Nitchevo
Gotta catch them all : Fo @ Amazon.fr (pour les autres Amazon / uk/US/… Japon… vous trouverez au besoin, j’en suis sûre 😉 )

Pour davantage sur la nouvelle mine de la carabine, goto : FB post “the Emperors’s new clothes”
Et pour la petite histoire de la “malédiction Fo” goto : FB post/ L’écho du Peek-a-Boo, dans un maléfique gramoFO/ne

NEXT ?

Les travaux de l’équipe sur la première tranche du chantier (2017) de la série Hyperfocus se concluront avec la parution de FIX, très prochainement.
Nous braverons allègrement, alors, le chaud/froid pour plonger tête la première dans un autre chantier capital : Vertigen.
◊ réédition d’Avant l’Hiver (dans les deux mois qui viennent ?)
◊ réédition de La Glace et la Nuit I – Nigredo – version très corrigée et augmentée (2018)
◊ parution de La Glace et la Nuit II – Albedo (2018)
◊ réédition de La Sève et le Givre (version corrigé – peut-être augmentée)
… + divers bonus.

Mon année 2018 sera placée sous l’égide des Dix-Neuf Cours, et les enchantements unseelie. Très.

Stay tuned !

À vous revoir ici ou là-bas.

LS/.

/Shunt//

 

 

Sur les ailes des voiles…

Mon nouveau livre est un petit OVNI…

Ou du moins cela pourrait le sembler, peut-être, dans un monde où tout est rangé au cordeau, et où les hommes, artistes y compris, marchent en rang.

Navigator (de son petit nom – Navigator, précédé de tracés de feu (sous la peau), au complet) est un volume de po-é-sie.

Navigator scale

De la proue à la poupe, couverture : Sadana Silhol. Cover design by Greg & Léa S.

Peut-être pas si surprenant que cela, me diraient sans doute les lecteurs les plus avertis, dans la mesure où le terme “poétique” (sous toutes ses variantes et déclinaisons) est sans doute celui qui a été le plus, au long cours, accolé à mon travail. Ce qui est surprenant pour un auteur labellisé “fantasy / Imaginaire”, ce n’est pas tant d’écrire de la poésie (ou d’autres ‘genres’, en général), mais bien (d’oser) en publier.

Si c’est là mon premier opus relevant de ce genre, ce ne sera sans doute pas le dernier, tant il est vrai que mes réserves regorgent d’opus poétiques, de recueils de lyrics (dont nombre furent mis en musique), de slams, de raps, de… rimes (ou pas 😉 )

Certains lecteurs les attendent avec fureur (et me l’ont fait très efficacement savoir — la preuve !), d’autres n’en auront cure. Il y a loin, sans doute, entre la fiction et la forme plus intérieure, viscérale et souvent intimiste que constitue ce nouveau territoire. Et bien des lecteurs voraces ne troquent jamais la prose pour les vers. Je me souviens d’avoir eu une conversation à bâtons rompus avec un ami totalement imperméable au genre, il y a quelques années. Il était si ‘fermé’ que j’ai fini par lui dire que si le professeur Keating (qui n’a jamais tort) affirmait que le principal objectif de la poésie était de séduire les femmes, j’irais plus loin pour ma part, étant convaincue que nul “non-lecteur” de poésie (à défaut d’être poète lui-même) ne saurait être vraiment capable… au lit. Interloqué (ulcéré ?… inquiet ? 😉 ) il alla se plonger dans Rimbaud le soir-même. Il en revint en déclarant, d’un air ‘espanté’ (comme on dit dans notre Sud) qu’il avait raté quelque chose durant des décennies. Finalement… il aimait bien ça, la poésie. Rien d’étonnant : peut-on vraiment apprécier Dumas, et le théâtre, sans cela ? Peut-on se mettre en phase avec l’âme des siècles, sans cela ?
Je ne crois pas (et reste très convaincue de cette histoire de… lit, vous savez ?)

Nav II

photographie by Mad Youri

Navigator se place sous l’égide de la mer. Ce n’est là qu’une figure métaphorique tutélaire, on s’en doute (je me verrais mal chanter les vagues — quel que puisse être mon amour pour elles — sur plus d’une centaine de pages). La mer, ici, c’est la littérature, abordée par le travers et de profil dans Tracés de Feu, et de façon infiniment plus directe dans Navigator, où je me livre à un autre ‘contestable’ exercice : rendre hommage aux livres et auteurs qui m’ont servi de repères et fanaux lors de mes traversées, et à la littérature en général.

Chaque véritable Lecteur (notez la capitale, elle est délibérée) a connu ce sentiment, je pense : ne pouvoir, à certains moments de sa vie (voire… tous ?) se sentir en état de fraternité ou d’écho qu’avec des pages / des personnages / des intrigues/ et leurs auteurs.

Il est des livres qui nous rapprochent de nous-mêmes, nous vérifient, nous confortent dans ce que nous sommes, envers et contre tous. Ils nous incitent à aller au plus près de notre véritable identité, et à ne pas céder au laminoir normatif du monde. Ils nous tiennent compagnie sans jamais faire défaut lors de nos épreuves, et lorsque nous faisons face au doute. Ils répondent, faisant figure de papier PH proprement magique, à ces “qui suis-je, où vais-je, dans quel état…. ” qui nous agitent souvent. Ils nous aident à nous définir ; à rompre la terrible sensation de l’isolement, et de l’inadéquation.
Ces livres sont essentiels. Vitaux.
Ils en viennent à faire partie de nous, plus encore que notre toujours si déroutant ADN, ou notre environnement direct. Nous nous sentons plus en relation avec eux qu’avec notre propre famille. Ils sont peut-être, au final, dans cette sphère immatérielle où nos substances terrestres montrent leur inconséquence, notre véritable famille. Celle qui nous justifie, nous valide, nous sauve.
C’est en tous cas ce que représentèrent les livres pour cette gamine née et grandie ‘étrangère’ que j’étais, et qui a fini à son tour par rejoindre la grande famille des êtres de plume.

Nav IV

Au fil des pages… le texte et son escorte — photographie de Mad Youri

Il est de mauvais ton, dans ce pays, de rendre grâce, de se reconnaître des dettes, d’aimer tout court, peut-être. Ma véritable patrie étant, toujours, l’océan, je n’ai pas ce petit problème à reconnaître, et saluer, les navigateurs que j’ai croisé lors de mes voyages, et qui m’ont si souvent détournée des gouffres et des impasses. Il est beaucoup moins question de dire à ces “amis inconnus” que sans eux je ne serais pas devenue écrivain que de reconnaître avec tranquillité et sans irritation égotiste que ce sont eux, bien souvent, qui m’ont simplement tenue en vie. C’est aux livres de ces autres, et non aux miens que je dois, tout simplement, d’être en vie.
C’est pour moi une joie indicible, et un privilège, de leur rendre cet hommage, et de chanter ces lumières qui ont ponctuée ma traversée. J’ai toujours préféré, infiniment, chanter l’amour que la colère. Je remercie humblement tous ces auteurs (dont je n’ai pu hélas saluer dans Navigator qu’une infime partie) de m’en avoir offert à la fois l’occasion et l’élan.

C’est un grand bonheur que de publier cet opus accompagné des photographies somptueuses d’un vieil ami et compagnon de route, Mad Youri, et (étrange occurrence qu’aucune des Pythies qui hantent mes histoires ne n’avait annoncée !) de celles de ma propre fille, Sadana Silhol, qui signe également la couverture.
Ce blog n’étant pas rédigé sous forme poétique, je ne peux exprimer l’étrangeté et le plaisir de cette configuration.

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Au fil des pages… photographie by Sadana Silhol

Nous avons choisi pour ce volume, qui comporte une vingtaine de photographies en couleurs, le plus souvent sur doubles-pages,  une impression ad hoc : “premium” sur papier photographique mat. La ‘main’ de ce papier, sa texture, m’a tiré un carnassier sourire. On glissssse dessus comme sur de l’eau ! J’aurais simplement aimé que les coûts d’impression ne soient pas aussi élevés, dictant un prix de vente à l’avenant. Mais… on ne peut pas tout avoir, je suppose.
Nous pourrons vraiment, mon équipage et moi, affirmer que nous l’avons fait *pour le plaisir* (le nôtre, et le vôtre également, j’espère), car il ne nous ‘rapportera’ quasiment rien. Mais le mépris de l’argent, et la préséance sur toute chose de l’Art, c’est aussi ce que ceux auquel je rends hommage m’ont appris, et c’est une leçon pour laquelle je les remercie (en mots… et actes !).

Nav-insider II

Au fil des pages… 1/3 de photographie, Sadana Silhol

De tous les livres que j’aurais faits “pour moi”, Navigator est sans doute celui que j’aurais fait le plus… “pour moi”. Les lecteurs qui me suivront (ou me rencontreront pour la première fois) à travers ces pages se confronteront à un autre niveau de partage.
La poésie, c’est aussi cela : le territoire où les auteurs, dépouillés des obligations qu’impose l’intrigue, et tout à la fois de ses commodes artifices, ne peuvent plus porter les masques de la Comedia, et se cacher derrière leurs personnages. Le seul espace, par conséquent, où ils ne puissent éviter d’être totalement vrais.

Je souhaite à tous ceux qui nous rejoindront à bord une exaltante traversée.

Salve

LS/.

Navigator, précédé de Tracés de Feu, sous la peau, Léa Silhol + Sadana Silhol + Mad Youri, paru le 28/08/2017 chez Nitchevo Factory.
Tous les détails tech & autres c/o Nitch,  ici

340 mps – Artefacts de l’Obsession

:: Paru ::

 

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Obsessio (lat.) : “blocus, siège d’une cité”.


Le point focal de tout ce qui nous définit, nous raffine, nous change irrémédiablement, nous exalte, nous détruit, et à la fin nous maudit ou nous sauve pourrait être aussi simple que…
Le prix à payer pour un éventail signé par Oscar Wilde ; la glissade d’une repentie sur un vol de papillons ; la reptation du péché dans l’arrondi d’une bouteille ; l’ombre d’un objet manquant, dans une galerie de portraits ; le staccato de la vengeance dans un pistolet de tatouage ; une course éperdue vers un amour d’enfance ; l’e-mail d’une rock-star à sa fan n°1 ; les sacs entassés des courriers de Noël, dans des hangars sous la neige ; un carnet d’anecdotes, transmis de vies en vies…

L’alphabet de nos grandeurs et dérives pourrait parfois tenir en une forme, une lettre, une ellipse ininterrompue :

 

O

Omega capital du cercle des cercles.

Léa Silhol, architecte protéiforme des univers de Vertigen, Frontier et des livres-puzzles du concept Error_Type prête ici, encore une fois, sa voix et son calame aux funambules, aux chasseurs de mirages impénitents et aux affamés d’orages.
340 mps déplie les facettes qui jointent le désir au point de rupture, le temps de neuf histoires qui sont autant d’odes tendres et grinçantes aux archétypes de la démesure.

 

340 mps

Léa Silhol – 340 mps

 

Hyperfocus #2

228 pages.
édition brochée (17 x 22 cm)
ISBN 9791094902080
Couverture  : photographie originale de Mad Youri
17 juin 2017 – c/o Nitchevo Factory

 

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