Upcoming :: (major theme) :: stepping into Asia…

Nous éloignant un moment des territoires celtiques de Vertigen, nous partons pour un voyage qui nous mènera au Japon et en Corée du (circa) XIè siècle au XXIè, au travers de (au moins) 5 volumes.

Le Seppenko Monogatari (Geste des enfants de Seppen) développe et relie les textes déjà parus autour de la famille Izôkage, marquée par l’hiver nippon, à partir de “La Loi du Flocon” (in Contes de la Tisseuse), en passant par “Différentes Couleurs, cinq prières japonaises” (in Emblèmes : Extrême Orient), “Macula Lutéa”) (in Fovéa), “Gold – Chant du filigrane de la fracture, sur la vague d’un Kintsugi” (in Sacra, Parfums d’Isenne et d’Ailleurs – vol I) & “Le Maître de Kodo” (in Sacra, Parfums d’Isenne et d’Ailleurs – vol II) .

Toutes ces nouvelles, à l’exception de la dernière, se retrouveront dans le premier opus : Masshiro Ni (‘in perfect white’), ainsi que un à deux textes supplémentaires.

Mais c’est l’opus II (soyons excentriques !) qui ouvre le bal : Hanami Sonata.

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L’Hanami, c’est la fête annuelle de la ‘contemplation des fleurs’, au Japon.
Ce roman reprend et développe jusqu’à sa pleine stature de roman “Le Maître de Kodo”. On en apprend davantage sur le voyage des Fays américains au Japon, et ce qu’il advint, par la suite, des relations nouées par certains d’entre eux avec la famille Izôkage, et notamment, en seconde partie, pour ceux qui accordent une importance cruciale et passionnelle à l’Hanami.

C’est un rapport fusionnel avec la nature que je partage totalement.
C’est pourquoi ce fut un plaisir particulier pour moi d’accompagner ce roman de clichés pris, au jour le jour et années après années, de ceux que je nomme dans le privé ‘mon peuple’ : certains des individus végétaux de mon jardin japonais, si loin de Kyoto.

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Érables du japon, beaucoup, pour la première partie, et évidemment sakuras (cerisiers) pour la seconde.

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Hanami Sonata est donc imprimé en couleurs, sur papier  photomat, tout comme Navigator l’avait été. Au maximum de qualité, donc, proposée par l’imprimeur.

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C’est un plaisir… mais évidemment / hélas il a coût. Un coût… en forme d’assommoir !
D’où l’obligation de doter, avec les réticences que l’on devine, le volume d’un prix de vente fâcheusement élevé.

C’est pourquoi, ayant tardivement frappé ce constat, nous avons décidé, la wondrous équipe Nitchevo et moi, de proposer cet opus également dans une version plus ‘grand public’ / abordable.
Le texte en sera strictement identique, mais les photographies en seront absentes, et la couverture différente.
Cette couverture-ci, due à Mad Youri, sera plus “assortie” à la charte visuelle de la série.Série qui se poursuivra, dès l’automne, avec Gridlock Coda.
Cette partie de la Geste se déclinera en (minimum) deux volumes ; le premier étant terminé, et le second en chantier. C’est l’incertitude sur sa longueur qui m’incite à avancer un prudent “deux volumes… minimum“.

Il est souvent compliqué d’attribuer un opus, dans la Trame, à tel ou tel cycle, tant les croisements sont multiples. Dans le cas d’Hanami Sonata et des(s) Gridlock la présence des Fays pourrait les qualifier d’office pour faire partie du Dit de Frontier. Mais si les Fays (et au premier chef Crescent, Jay, Walk, Priest, Faol, Sealed, Smoke, Flake et Anis) y tiennent un rôle majeur, l’axe principal reste toutefois le Japon, l’Asie, et la lignée de Seppen. Le choix, alors, n’était pas si difficile à faire. Mais des éléments capitaux concernant les Premiers se trouvent effectivement dans cette série, et nulle part ailleurs.

Si Masshiro Ni nous ramènera aux racines d’un Japon fantasmatique, Gridlock Coda, hanté par les schémas d’un conte d’Andersen qui m’est particulièrement cher, déploiera sa scène dans les étages d’une réalité virtuelle qui n’a rien d’un jeu : le Grid. La modélisation de l’architecture informatique, aperçue dans “Différentes Couleurs”, “Le Maître de Kodo”, et (par la bande) dans “À bout de Course” (in Musiques de la Frontière).

C’est ici le territoire des pirates, des forbans, des âmes métalliques, des millions qui s’échangent d’un clic de souris, d’une indifférence à la vie boostée par l’aspect immatériel des crimes et transactions. On y déconnecte les concurrents et adversaires pour quelques data-crédits, pour affirmer sa place dans la hiérarchie, pour une offense, pour un rien. C’est un autre paysage de la lutte des Fays, et en particulier pour ceux du Japon, où l’axe du Grid crépite inlassablement. C’est celui qu’arpentent notamment nos têtes d’affiches : Neko, qui deviendra la leader des changelings japonais et Saeru, le plus implacable et létal porte-flingue de la grille.
Si les deux visages du Japon exposés dans le Seppenko Monogatari forment un contraste qui est pour le moi le plus grand objet de fascination à explorer, celui que forme le face à face entre la jeune mangaka de Kyoto, férocement idéaliste et voyant la beauté et le sacré en toute chose et le ‘paper chaser’ focalisé sur la suprématie, l’invincibilité, et la perfection de son dressing constitue un pan en réduction (microcosme) du même axiome. Le frottement de ces plaques tectoniques ne peut être qu’explosif. Et pourtant…
Le Grid, c’est aussi les autoroutes de données qui se voient baptisées de nom de constellations à cause de la beauté de leurs arcs lumineux, les vertiges indescriptibles des grands GridLifts entre les SubLevels, la faune bigarrée des Avatars qui font concurrence à l’inventivité d’Harajuku, l’abolition des limites physiques, les paysages abstraits des grandes profondeurs, au fur et à mesure que la grille fait de moins en moins semblant de singer le monde des hommes. C’est un monde ponctué par les silhouettes mécaniques des contre-mesures ICE, les tirs des GridRunners se mettant à mort sans pitié, les corporations financières dont les serveurs ponctuent l’horizon comme autant de gratte-ciels oppressants ; mais aussi celui des résistants, de l’humour sarcastique, et des aventuriers pour qui se transformer en “chair à défrag” n’est pas un souci majeur.
C’est tout autant, au final, mon hommage de fan à tout un pan de la littérature et des films qui ont bercé mon enfance : la SF, le cyberpunk, K Dick, Asimov, Van Vogt, Tron, les Borgs de star Trek… Tout ceci mêlé à deux autres grands et indéfectibles amours : le Japon (depuis très longtemps), et la Corée du Sud (depuis peu).
On n’échappera pas à une énorme rasade de pop-culture, donc. Mangas, J-pop et K-pop, K-dramas, street food et sub-cultures.
Et ceci est assez addictif pour la ci-devant auteure pour qu’elle aligne sans discontinuer les pages depuis des mois. Ce qui est un signe fort que, de mon côté de l’écran, quelque chose d’exaltant se passe.

Jusqu’où cela ira-t-il ? Je n’en ai aucune idée, et c’est précisément le plus passionnant, pour moi, de l’affaire.

Alors je siffle avec Ryuichi Sakamoto ce petit air que Saeru chantonnait déjà dans “Différentes Couleurs” :

Stepping into Asia
Don’t be afraid
Wind on the ocean
Makes me feel so free…

Dans l’attente, Hanami Sonata, le premier opus de la série est sorti hier. Dans le désordre, car il faut toujours vouloir le plus casse-gueule. Mais je promets : comme d’habitude, vous n’avez pas besoin du premier opus pour commencer ce voyage (sinon je n’aurais pas joué les excentriques à ce point-là !). J’aime les nombres commutatifs, that’s it 😉

À vous revoir à Kyoto, donc.

Rainen, Kyoto de.

 

LS./

/ Shunt //

 

ps / edit / sorti le 15/10/18, la version ‘regular’ promise d’HANAMI SONATA

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HS version regular – illustration de couverture de Mad Youri

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À vos liseuses

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Le premier de mes “bébés” à entrer dans la Matrice (et c’était plutôt logique, d’une certaine façon, selon Jay) : “Musiques de la Frontière”

4è de couverture :

Fin du XXème siècle… des enfants “différents” commencent à naître dans des familles humaines. Doués de physiques et de pouvoirs singuliers, ils sont très vite assimilés aux changelings, les enfants-fées, et soupçonnés d’avoir été substitués à de véritables enfants mortels. Commence alors une cabale sans précédent, aboutissant à l’abandon en masse de ces enfants dans des “Centres”, prisons et mouroirs gérés d’une poigne de fer.

De cette génération perdue, et sous l’égide d’un chef charismatique, Shade, émergera une rébellion qui amènera les fays à prendre leur place dans les rues de nos cités, et à conquérir leur liberté.

De guerres des gangs en courses éperdues, de coups de feu en amour fou, d’encres enchantées en rites claniques, de sacrifices en codes tribaux, le premier opus du Dit de Frontier suit les pas des fays américains, d’une vie délivrée de ses chaînes vers leur cité mythique au bord du monde : Frontier, où la magie régit le quotidien.

À travers une fresque écrite au glamour et au couteau, qui a déjà conquis des milliers de lecteurs et été nominée à de multiples Prix, Léa Silhol trace une ode à l’esprit d’engagement, l’insoumission et la fraternité qui redéfinit le monde comme un état d’implacable enchantement…

Léa Silhol, créatrice des univers croisés de “la Trame” et pionnière de la Fantasy Urbaine, est devenue avec son best-seller La Sève & le Givre, une figure incontournable de la Fantasy francophone. Musiques de la Frontière, (Prix Imaginales 2005) constitue le premier opus de son cycle de Frontier, poursuivi depuis à travers romans et nouvelles.

Une production Nitchevo Factory 06/03/2018. Couverture de Dorian Machecourt ; postface de Natacha Giordano.
Epub sans DRM, disponible également en Kindle, etc.
:: Un peu partout mais surtout ::

 

Recueil thématique – Fantasy Urbaine (Urban Fantasy) – Univers de “Frontier” (cf. https://www.facebook.com/Fays.of.Frontier/)

See also / shelve / note / review ::
sur Goodreads

340 mps – Artefacts de l’Obsession

:: Paru ::

 

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Obsessio (lat.) : “blocus, siège d’une cité”.


Le point focal de tout ce qui nous définit, nous raffine, nous change irrémédiablement, nous exalte, nous détruit, et à la fin nous maudit ou nous sauve pourrait être aussi simple que…
Le prix à payer pour un éventail signé par Oscar Wilde ; la glissade d’une repentie sur un vol de papillons ; la reptation du péché dans l’arrondi d’une bouteille ; l’ombre d’un objet manquant, dans une galerie de portraits ; le staccato de la vengeance dans un pistolet de tatouage ; une course éperdue vers un amour d’enfance ; l’e-mail d’une rock-star à sa fan n°1 ; les sacs entassés des courriers de Noël, dans des hangars sous la neige ; un carnet d’anecdotes, transmis de vies en vies…

L’alphabet de nos grandeurs et dérives pourrait parfois tenir en une forme, une lettre, une ellipse ininterrompue :

 

O

Omega capital du cercle des cercles.

Léa Silhol, architecte protéiforme des univers de Vertigen, Frontier et des livres-puzzles du concept Error_Type prête ici, encore une fois, sa voix et son calame aux funambules, aux chasseurs de mirages impénitents et aux affamés d’orages.
340 mps déplie les facettes qui jointent le désir au point de rupture, le temps de neuf histoires qui sont autant d’odes tendres et grinçantes aux archétypes de la démesure.

 

340 mps

Léa Silhol – 340 mps

 

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228 pages.
édition brochée (17 x 22 cm)
ISBN 9791094902080
Couverture  : photographie originale de Mad Youri
17 juin 2017 – c/o Nitchevo Factory

 

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Enter

Musiques de la Frontière / edit 2017 /

Il fut demandé à cors et à cris… Et le voilà !

La version 2017 des “Musiques de la Frontière” est sortie hier.

 


“Dans les failles du béton, dans les craquelures de l’asphalte, une fleur barbelée a pris racine.
Sans vertige du haut des immeubles, et sans peur dans l’ombre des ruelles, les étrangers se lèvent. Ils viennent de nos rêves les plus insensés ou du plus sombre de nos cauchemars. Aigus, affutés, drapés d’altérité et de symboles, armes murmurantes au poing, et infusés tout entiers de cette menace majeure à l’ordre établi des hommes : le glamour. Un enchantement si ancien qu’il frappe de terreur les uns et fait battre à nouveau le cœur lassé et assoupi des autres.

Chez les ‘regs’, on les surnomme changelings, coucous ; on prétend qu’ils ont été abandonnés dans les demeures des hommes par des créatures légendaires, hostiles, sans âme, aux desseins insondables.
Mais entre eux, dans les Centres d’internement, les squats dans les replis aveugles des villes et l’enclave de leurs meutes, ils se donnent à eux-mêmes le nom de ‘fay’.
Au bout de leur route vers la liberté, et l’accomplissement de leur inaliénable identité, attend Frontier, la cité hors-le-monde, que les Cours de féerie, jadis, appelaient Seuil.

C’est ce périple, et tout autant celui des regs qui leur font face, que narre le premier opus du Dit de Frontier, en douze arcanes tissés de coups du sort, de sang, de feu, et de foudre.

Les textes de ce volume ont été nominés cinq fois aux Prix Merlin et Rosny-Aîné ; le recueil entier a été nominé au Grand Prix de l’Imaginaire et a reçu, en 2005 le Prix Imaginales.
Léa Silhol, pionnière de la Fantasy Urbaine, continue depuis à ajouter, pierre à pierre, romans et nouvelles à la citadelle des fay.

Léa Silhol : “Musiques de la Frontière” (réédition revue et corrigée)
Couverture originale de Dorian Machecourt.
Postface de Natacha Giordano
(nouvelle) introduction de Léa Silhol

Recueil thématique – Fantasy Urbaine (Urban Fantasy) – Univers de “Frontier” (cf. https://www.facebook.com/Fays.of.Frontier/)

304 pages.
édition brochée (17 x 22 cm)
ISBN 9791094902073
03 avril 2017 – Nitchevo Factory

Disponible c/o Amazon – France –  USA UKCanada – (etc.) + Nitchevo’s CS direct shop :

See also / shelve / note / review ::
https://www.goodreads.com/book/show/34748291-musiques-de-la-fronti-re

 

Sacra

:: Parus ::

SACRA, Parfums d’Isenne & d’Ailleurs

opus I / Aucun coeur inhumain /// opus II / Nulle âme invincible

 

:: One ::

SACRA, Parfums d'Isenne et d'Ailleurs - opus I - "Aucun coeur inhumain" // par Léa Silhol, couverture de Dorian Machecourt.

SACRA, Parfums d’Isenne et d’Ailleurs – opus I – “Aucun coeur inhumain” // par Léa Silhol, couverture de Dorian Machecourt.

 

Ex-stasis… L’extase… l’ivresse, le ravissement, l’intoxication d’un instant ou d’une ère…
Encapsulée dans le rituel, la forme, et les parfums du monde…
Dans les sens… dans l’encens…

Au travers d’une boîte de palissandre que les écrivains se transmettent secrètement depuis des siècles ~ des calligraphies du roi des Djinn, même sur un parchemin frauduleux, et de la dialectique des céramistes Satsuma dans le salon de Klimt ~ des bouquets de fleurs blanches envoyées par un père à sa fille, et des visages du Green Man dans des bois interdits ~ des voiles des navires qui filent vers le port, enflées par les chants des passagers, et de la voix de tous ceux que — aimés jadis — nous pensions avoir perdus pour toujours.
D’un bout à l’autre des horizons et hors des cartes, sur le fil d’une errance rythmée du pas des voyageurs inlassables, et des esprits affamés de splendeur, les traces des mortels et immortels se doublent, se croisent, se frôlent…
Au centre du compas, la cité légendaire d’Isenne, carrefour hybride entre l’Orient et l’Occident, hantée de fantômes, de rumeurs, de contes et de codes ; dépliant ses mystères autour du Labyrinthe des verriers. Marché gobelin où l’art et la démesure s’échangent, s’offrent, s’achètent et se perdent, entre les ombres vibrantes d’Irshem et les esquisses de Venise…

Léa Silhol, architecte des univers croisés de Vertigen, Frontier et Isenne, scalde des astérismes et des carrefours, déclare solennellement que Sacra constitue, plus encore que les prismatiques Avant l’Hiver et Fo/véa, la rose des vents de sa Trame, et que le lecteur ne s’aventurera dans le dédale de Manta qu’à ses risques et périls.

— Première séquence, en six nouvelles et deux novellas —

300 pages – couverture & illustrations intérieures de Dorian Machecourt –
Parution : 23/02/2016 – Nitchevo Factory – 9791094902035

 

:: Two ::

SACRA, Parfums d'Isenne et d'Ailleurs - opus II - "Nulle Âme invincible" // par Léa Silhol, couverture de Dorian Machecourt.

SACRA, Parfums d’Isenne et d’Ailleurs – opus II – “Nulle Âme invincible” // par Léa Silhol, couverture de Dorian Machecourt.

 

Une fois encore, les lignes des fils tendus se croisent, et les quêteurs de secrets se rassemblent, cherchant le chemin vers les codes, rites et fragrances du grand carrefour du monde, et ce qu’il reste de la splendeur…
Autour… de la lueur d’une lampe noire dans une boutique d’antiquités de Kensington ~ des cérémonies initiatiques des adeptes de Morphée, et des songes de braise des Khazars ~ du pas des Nephilim sur la route des âges, et des formules de la vacuité et du détachement, sous l’ombre des statues du Gandhara ~ de l’écho du rire d’Angharad sur les murs des palazzi lagunaires, et du café embaumé d’épices d’un Lucifer mécréant ~ de la couleur envoûtante des érables à Kyoto, au miroir coupant de retrouvailles dans les rues de New York… Dans le souffle brûlant des athanors d’Isenne, les vapeurs des braseros oneiroi, et le parfum du bois d’Agar des cérémonies de Kodo japonaises, le diagramme mouvant du Sacré se dessine et s’efface, une nouvelle fois…

Il ne restera de ces trajectoires de feu, à la fin, que l’empreinte de pas de foudre dans les braises, le sable coruscant et la cendre, et la fumée tenace d’un millier de parfums répandus.

Sous l’égide des Muses et le claquement des bannières du Jinnistan dans les vents de Qâf, par les Sceaux qui convoquent les Déchus et les dieux exilés ; au calame persan, au couteau de peintre, et au plomb des vitraillistes, Léa Silhol, architecte des univers croisés de Vertigen, Frontier et Isenne, conclut le tissage d’une rose des vents en forme de piège à rêves, passionné, viscéral et intransigeant, à l’image des âmes démesurées qu’elle ne se lasse jamais de dépeindre

— Deuxième séquence, en cinq nouvelles et deux novellas —

336 pages – couverture & illustrations intérieures de Dorian Machecourt –
Parution : 19/04/2016 – Nitchevo Factory – 9791094902042

POSSESSION POINT (tango)

Dedans, à l’envers, sous la peau… là où le tracé des outrages devenait la nasse d’un réseau ferroviaire… est-ce que chacun des regards de mépris, de haine, de rejet se faisait marque, aussi ? Entaille, douleur ?

Est-ce qu’on s’y fait, un jour ? Est-ce qu’on apprend à composer avec le lacis de ces impasses, de nos anciennes routes transcontinentales effondrées ? Est-ce qu’on peut, une fois toutes les artères détruites, revenir sur nos pas ? Ou sommes-nous, comme tu le disais jadis, condamnés à tracer, droit devant, vers le gouffre qui nous attend, ouvrant toujours plus béantes ses mâchoires ?

Parfois, lorsque la nuit est tombée complètement, toujours trop tôt, toujours trop loin… je ne sais plus. Je ne vois plus la route. Je ne parviens pas à anticiper le matin.

C’est que je crie dans mes rêves, aussi, à présent.

C’est que je sais ce qu’on n’apprend que de l’intérieur. La raison des lignes de fuite, et des hémorragies coutumières. Qu’on ne peut pas s’en foutre, mais juste faire semblant d’en rire, bravache comme un torero.

Et aller au bout.

Possession est le premier roman que je sors après mon grand hiatus en Wanderlust, et l’accident qui me foudroya quelque peu, en 2010.

Je me suis souvent demandé à quel point cet AVC, et le très long travail de “reconquête du sylo” qui l’avait suivi, avaient pu altérer mon identité d’auteur.

Quelle part, dans certaines altérations de mon style, était due à une certaine (inévitable) “maturité”, et quelle part provenait directement de la recomposition de mes schémas neuronaux après l’incendie. C’est un objet d’étude un peu nombriliste, mais fascinant, en un sens. Au moment où ce crash advint, me privant instantanément de mes ‘dictionnaires (internes)’, de pans entiers d’un vocabulaire que j’ai toujours aimé chirurgical et précis, j’ai pu amplement mesurer mes priorités. Je me souviens avec un certain amusement de l’expression de ma neurologue quand je lui ai littéralement crié au visage que je me foutais du risque vital, mais voulais uniquement récupérer mon clavier. Pour un auteur, ne pas se reconnaître dans les lignes qu’il écrit est aussi étrange, perturbant, aliénant que de faire face à un étranger dans le miroir.

Les derniers mois de travail, tandis que je traçais droit sur les Highways de Possession Point, je n’y ai plus du tout pensé. Ces interrogations ne me sont revenues, en mode très auto-amusé, que lorsque j’avançais à très grande vitesse sur le roman que j’ai écrit immédiatement après la complétion de Possession. Et uniquement parce que je ne m’étais jamais montrée aussi… sociopathe et sarcastique à l’échelle d’un roman (et, entre nous, ce fut un grand moment de plaisir, et *j’adore* mon personnage — nous en reparlerons lorsque ce sera l’heure… c’est à dire avant la fin du mois, car ce monstre sort en mai).

En relisant dernièrement les textes de Musiques de la Frontière dont la réédition est programmée, j’en suis venue à la conclusion que non, mon accident n’avait au final pas eu grande incidence sur ce “style” (of mine) dont il est tant question. Mais la “maturité”, cela… oui, très probablement.

Les littératures de l’Imaginaire sont des masques de théâtre Nô. Des moyens, toujours, d’aborder de profil des problématiques très réelles. C’était déjà le rôle des contes, du théâtre antique, et de la mythologie. Rien de neuf sous le soleil 😉 Avec le temps, l’expérience, et un degré supérieur de sûreté de soi (peut-être), on ressent de moins en moins le besoin de ce masque. Au départ, par exemple, on fera entrer la part lumineuse inhérente à mon genre favori = la fantasy urbaine, par le bais du ‘merveilleux’, de la ‘magie’. Mais au fond, sous tous ces voiles, on sait très bien que la véritable lumière, tout comme la véritable noirceur, provient des êtres. Ce fut toujours, bien entendu le cas dans la séquence de Frontier, mais Possession pousse le principe, il me semble, un cran plus loin. De même que le ‘réalisme’ y est bien plus présent. Le roman se situe dans une période particulièrement sombre de l’histoire des fays, au moment où les regs durcissent le ton (et les lois les concernant).

Frontier, bien sûr, a toujours été un réquisitoire et un plaidoyer à la fois contre l’exclusion sous toutes ses formes. Plus je progresse dans cet univers, et moins je ressens de besoin de voiler mon sujet. Et Possession étant à la fois le prequel et le sequel de “vado Mori” il s’agit tout autant d’une histoire (d’amour) extrêmement passionnelle, obsessionnelle et au final… criminelle 😉 Ce motif était central (et radioactif !) dans Vado, et à l’échelle d’un roman… on va évidemment beaucoup plus loin dans les replis et méandres de cette addiction.

« Il y a un protocole ?

Tu as souri en secouant la tête, sans quitter la route des yeux.

Sois sincère. Ne mens pas à Ash. Il lira probablement tes pensées, de toute façon.

Oh. Quel âge a-t-il ?

Quel… âge ? Quel intérêt est-ce que cela peut bien avoir ?

Juste comme ça. S’il lit mes pensées… j’espère qu’il est blindé. » Tu m’as regardée avec stupéfaction, et un début de fou rire. J’ai ajouté : « Et majeur. »

Frontier est la fille de Seuil, mais, elle se situe, en terme d’esprit et d’époque, à des centaines de milliers de km de Seuil. La ‘couleur’ est donc aux antipodes de Vertigen, et d’une certaine façon (puisque rédigé par la ‘fausse reg’ Anis), à un certain nombre de bornes de certains textes de Musiques de la Frontière aussi. On ne s’attend pas à entendre Lugh ou Angharad ‘sortir une blague’… mais Fallen, lui, ne s’en prive pas 😉

Toutefois… vous verrez un jour qu’Angharad d’Hiver, si les circonstances s’y prêtent, n’est pas dénuée elle-même de beaucoup d’humour (mais dans son privé, évidemment, uniquement dans son privé !).

Je ne suis pas persuadée que les lecteurs qui prisent principalement, ou exclusivement, le monde hiératique et figé de Vertigen trouveront à apaiser ici une certaine…. fringale dont ils me parlent régulièrement. Toutefois, pan à pan et strate à strate, Vertigen doit faire son chemin vers Frontier. C’est là, n’en déplaise aux Parques, son Destin. Et alors, oui, vous verrez au moins Lugh, Nicnevin, et un certain nombre d’autres ‘raconter des blagues’ (un jour).

What to expect ?

(expect everything, don’t expect anything…)

ATTENTION (pour ceux qui n’aiment pas) présence possible de petits spoilers. 😉

Qui est là ? Toute la fameuse ‘bande’ rencontrée dans Musiques, à l’exception de ceux nés plus tardivement (Gift, etc.) et on en apprend davantage sur nombre d’entre eux, y compris certaines information pas piquées des vers sur qui était qui…. avant. Mais sont aussi présents certains membres éminents d’autres communautés fays, dont ceux vivant et agissant à New York.

Il est également possible que le lecteur averti trouve des traces d’autres pans de la Trame, au premier chef Vertigen, mais pas seulement 😉 (notez que je donne mes meilleurs efforts à ne pas trop spoiler !).

Qui est le chien que l’on voit sur la couverture ? (question posée directement par un lecteur) :: Vous l’avez déjà vu(e) très brièvement dans Musiques. C’est Sara, la malinoise d’Anis (et elle aussi a un message à faire passer).

Et le roman est sous-titré “premiers carnets de route d’Anis W.”… Est-ce qu’il y aura d’autres “carnets”, donc ? Oui, très probablement. Le n° 2 est déjà en cours d’écriture, bien que je ne sache à cette heure si cet opus 2 prendra la forme d’un roman ou d’une novella.

La majorité des “textes suivants” sur Frontier seront des novellas ou des romans. Je constate que la forme courte me satisfait de moins en moins. Cela ne m’étonne guère. Je suis venue à la nouvelle très tard, et quasi-uniquement parce que je n’avais pas le temps d’écrire des romans, et que je souhaitais faire des expériences sur les modes de narration. La nouvelle se prête merveilleusement aux ambiances évanescentes, au mystère, au non-dit. Ce sont là des formes que je pratique de moins en moins. Lorsque je le fais à présent, elles sont longues, atteignant assez rapidement le statut de novelette ou novella. La Muse commande, j’obéis !

J’ai encore fait ce constat lors du travail (à présent terminé) sur le duo Sacra. L’ensemble ne comporte pas moins de 4 novellas, dont une est même, selon les nomenclatures en vigueur, un roman de taille modeste plutôt qu’une novella.

Sacra a confirmé amplement ce principe de “la vérité / la lumière est dans les êtres, et non les principes généraux ou les situations.

On en reparle immédiatement car… (damned !) j’avais oublié avoir rédigé ce draft, et ne le (re)découvre qu’au moment d’annoncer, bien tardivement, la sortie du premier volume de Sacra (fin février) et la parution imminente du suivant.

La vie est désopilante ! (ou alors… je travaille trop ?)

Vale !

LS/.

Possession… (is a state of mind)

Léa Silhol - "Possession Point" - cover

Léa Silhol – “Possession Point” – cover

 

 

:: Next :: Sortie imminente :

POSSESSION POINT

Roman – Frontier – fays – prequel/sequel to : “Vado Mori”

Cover art by : Dorian Machecourt.

340 p.

September 2015 – Nitchevo Factory.

 

Tes iris à toi, mon ange, avaient la couleur de la mer avant l’orage, aux rives d’Half Moon Bay. Toutes les Mavericks de Pillar Point y écrivaient en germes les promesses que tu tenais. Je roule parfois jusque là-bas pour jeter un sucre au manque qui me tient dans ses tenailles. Je marche de Ghost Trees à Half Moon Bay. Pour regarder les vagues, de peur d’oublier tes yeux. Quelque part entre les fantômes des arbres et le meurtrier Pillar Point, assise à même la poudre de mon sablier, je bois cette couleur. Je la respire, pendant qu’elle reflue et déferle. J’essaye, une fois encore, d’élucider la technologie de ce mystère. De comprendre comment le monde des hommes transforme la couleur des Mavericks en cadrans d’horloges. Comment le rythme des vagues immenses a pu s’enrouler pour devenir, dans tes yeux, ce cercle de métal auquel j’ai donné un tour ou deux, jadis. C’était un rouage. Mais tout autant, je le sais bien, la face implacable d’un barillet.

Dans un monde transfiguré par le retour de la Féerie, Anis a pris la route, à la recherche d’une cité légendaire dont on dit qu’elle ne se laisse trouver qu’à son gré : Frontier.
C’est dans la “ville au bord du monde”, patrie des fays, que vit à présent l’homme qu’elle a aimé, et trahi : Jay, membre du redoutable gang changeling de Seattle.
À travers leur histoire, feuilletée comme un album photo depuis le jour de leur rencontre jusqu’à celui de leurs hypothétiques retrouvailles, c’est la vie de tous les Premiers qui se dévoile, durant les années précédant et suivant directement le fondation de l’utopie que fays & fées nomment Le Seuil.

LS tisse les récits des fays de Frontier depuis 1998. Elle a pris définitivement résidence auprès des ‘coucous’ depuis dix ans, avec le recueil Musiques de la Frontière, (Prix Imaginales 2005). Possession Point est son quatrième roman.

ISBN 9791094902028
# Le Dit de Frontier (2)

Shunt //.