F = … / Fovéa

Les OVNIS succédant aux OVNIS…
Dans le ciel nocturne, le sillage de mon plus mystérieux, dérangeant et cliquetant opus…

Fovéa - cover by PFR

Fovéa – cover by PFR

“FOVÉA, Leçons de Gravité dans un Palais des Glaces” est ressorti durant les tous derniers jours d’octobre, en pleines Tri Nox de Samhain.

C’est là une première version de ce “most wanted” parmi mes anciens titre, correspondant à une réédition presque à l’identique de l’originale de 2008.
Cette première édition connut l’excentricité notable de devenir indisponible… immédiatement, dès sa sortie, encore et encore, alors que les (méchants) lecteurs ‘séchaient’ tirage après tirage avant même qu’ils ne soient livrés à l’éditeur.
Il fut, durant ces années tant de “cessation d’activité éditoriale” que depuis la reprise de cette activité, celui de mes livres qui me fut le plus réclamé par les lecteurs, un pas avant La Glace et la Nuit I/ Nigredo  (dont nous reparlerons brièvement plus bas).

Vous l’avez inlassablement demandé (et redemandé, et re…)
Eh bien… voilà qui est fait !

Le monstre est reparu le 29 octobre de cette année, rejoignant son jeune frère 340 mps dans la terrible famille Hyperfocus.

Fovéa-full cover

Fovéa – cover by PFR

 

Le spectre du programme ReLIRE ne cessant de planer au-dessus de nos têtes, menaçant, malgré notre victoire juridique devant la Cour de Justice de l’Union Européenne de jouer ‘l’éternel retour du zombie’ c’est donc là une réédition à l’identique, avant la parution de la version II (empirée) de ce volume (d’ici un an ?).
Il me semblait aussi souhaitable, au vu de la forme particulière de cet opus (jeux de piste / codes etc.) d’offrir aux meilleures émules d’Indiana Jones dans mon lectorat la possibilité d’accéder aux deux versions : celle éditée à l’origine par les éditions du Calepin Jaune et celle (nécessairement révisée) prévue en 2010 chez Les Moutons Électriques, et qui ne vit pas le jour.

Les deux différences majeures avec la version originale, ici, sont donc un changement de membre d’équipage (un illustrateur remplace une illustratrice), et le format : le volume passant d’un format A5 à celui, plus ample, que les fidèles des collections Nitchevo connaissent bien.

Une (deux, trois) image.s valant mieux qu’un long discours…

fovéa trio

Petit portrait de famille en 3 pans (de gauche à droite) : édition 2017 c/o Nitchevo Factory, édition régulière et collector 2008 c/o LCJ

Fo-1

Et en rang sur dans la bibliothèque…

fovéa (en famille)

Le trio parmi ses pairs, @ home.

 

Et sous la couverture…

fovéa - Léa Silhol +Ariel de la valette 2017

Une des nouvelles illustrations – par Ariel de la Valette

C’est un immense soulagement et une grande joie, à titre personnel, de voir cet opus — proprement un livre maudit — reprendre sa course folle et la poursuivre.

Je souhaite à tous ceux qui déploraient d’avoir manqué ce rendez-vous en 2008 une intéressante rencontre avec les égarés du Palais des Glaces.
Enjoy !

More about Fo 2017

Specs. sur le site de son éditeur : Fo c/o Nitchevo
Gotta catch them all : Fo @ Amazon.fr (pour les autres Amazon / uk/US/… Japon… vous trouverez au besoin, j’en suis sûre 😉 )

Pour davantage sur la nouvelle mine de la carabine, goto : FB post “the Emperors’s new clothes”
Et pour la petite histoire de la “malédiction Fo” goto : FB post/ L’écho du Peek-a-Boo, dans un maléfique gramoFO/ne

NEXT ?

Les travaux de l’équipe sur la première tranche du chantier (2017) de la série Hyperfocus se concluront avec la parution de FIX, très prochainement.
Nous braverons allègrement, alors, le chaud/froid pour plonger tête la première dans un autre chantier capital : Vertigen.
◊ réédition d’Avant l’Hiver (dans les deux mois qui viennent ?)
◊ réédition de La Glace et la Nuit I – Nigredo – version très corrigée et augmentée (2018)
◊ parution de La Glace et la Nuit II – Albedo (2018)
◊ réédition de La Sève et le Givre (version corrigé – peut-être augmentée)
… + divers bonus.

Mon année 2018 sera placée sous l’égide des Dix-Neuf Cours, et les enchantements unseelie. Très.

Stay tuned !

À vous revoir ici ou là-bas.

LS/.

/Shunt//

 

 

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Sur les ailes des voiles…

Mon nouveau livre est un petit OVNI…

Ou du moins cela pourrait le sembler, peut-être, dans un monde où tout est rangé au cordeau, et où les hommes, artistes y compris, marchent en rang.

Navigator (de son petit nom – Navigator, précédé de tracés de feu (sous la peau), au complet) est un volume de po-é-sie.

Navigator scale

De la proue à la poupe, couverture : Sadana Silhol. Cover design by Greg & Léa S.

Peut-être pas si surprenant que cela, me diraient sans doute les lecteurs les plus avertis, dans la mesure où le terme “poétique” (sous toutes ses variantes et déclinaisons) est sans doute celui qui a été le plus, au long cours, accolé à mon travail. Ce qui est surprenant pour un auteur labellisé “fantasy / Imaginaire”, ce n’est pas tant d’écrire de la poésie (ou d’autres ‘genres’, en général), mais bien (d’oser) en publier.

Si c’est là mon premier opus relevant de ce genre, ce ne sera sans doute pas le dernier, tant il est vrai que mes réserves regorgent d’opus poétiques, de recueils de lyrics (dont nombre furent mis en musique), de slams, de raps, de… rimes (ou pas 😉 )

Certains lecteurs les attendent avec fureur (et me l’ont fait très efficacement savoir — la preuve !), d’autres n’en auront cure. Il y a loin, sans doute, entre la fiction et la forme plus intérieure, viscérale et souvent intimiste que constitue ce nouveau territoire. Et bien des lecteurs voraces ne troquent jamais la prose pour les vers. Je me souviens d’avoir eu une conversation à bâtons rompus avec un ami totalement imperméable au genre, il y a quelques années. Il était si ‘fermé’ que j’ai fini par lui dire que si le professeur Keating (qui n’a jamais tort) affirmait que le principal objectif de la poésie était de séduire les femmes, j’irais plus loin pour ma part, étant convaincue que nul “non-lecteur” de poésie (à défaut d’être poète lui-même) ne saurait être vraiment capable… au lit. Interloqué (ulcéré ?… inquiet ? 😉 ) il alla se plonger dans Rimbaud le soir-même. Il en revint en déclarant, d’un air ‘espanté’ (comme on dit dans notre Sud) qu’il avait raté quelque chose durant des décennies. Finalement… il aimait bien ça, la poésie. Rien d’étonnant : peut-on vraiment apprécier Dumas, et le théâtre, sans cela ? Peut-on se mettre en phase avec l’âme des siècles, sans cela ?
Je ne crois pas (et reste très convaincue de cette histoire de… lit, vous savez ?)

Nav II

photographie by Mad Youri

Navigator se place sous l’égide de la mer. Ce n’est là qu’une figure métaphorique tutélaire, on s’en doute (je me verrais mal chanter les vagues — quel que puisse être mon amour pour elles — sur plus d’une centaine de pages). La mer, ici, c’est la littérature, abordée par le travers et de profil dans Tracés de Feu, et de façon infiniment plus directe dans Navigator, où je me livre à un autre ‘contestable’ exercice : rendre hommage aux livres et auteurs qui m’ont servi de repères et fanaux lors de mes traversées, et à la littérature en général.

Chaque véritable Lecteur (notez la capitale, elle est délibérée) a connu ce sentiment, je pense : ne pouvoir, à certains moments de sa vie (voire… tous ?) se sentir en état de fraternité ou d’écho qu’avec des pages / des personnages / des intrigues/ et leurs auteurs.

Il est des livres qui nous rapprochent de nous-mêmes, nous vérifient, nous confortent dans ce que nous sommes, envers et contre tous. Ils nous incitent à aller au plus près de notre véritable identité, et à ne pas céder au laminoir normatif du monde. Ils nous tiennent compagnie sans jamais faire défaut lors de nos épreuves, et lorsque nous faisons face au doute. Ils répondent, faisant figure de papier PH proprement magique, à ces “qui suis-je, où vais-je, dans quel état…. ” qui nous agitent souvent. Ils nous aident à nous définir ; à rompre la terrible sensation de l’isolement, et de l’inadéquation.
Ces livres sont essentiels. Vitaux.
Ils en viennent à faire partie de nous, plus encore que notre toujours si déroutant ADN, ou notre environnement direct. Nous nous sentons plus en relation avec eux qu’avec notre propre famille. Ils sont peut-être, au final, dans cette sphère immatérielle où nos substances terrestres montrent leur inconséquence, notre véritable famille. Celle qui nous justifie, nous valide, nous sauve.
C’est en tous cas ce que représentèrent les livres pour cette gamine née et grandie ‘étrangère’ que j’étais, et qui a fini à son tour par rejoindre la grande famille des êtres de plume.

Nav IV

Au fil des pages… le texte et son escorte — photographie de Mad Youri

Il est de mauvais ton, dans ce pays, de rendre grâce, de se reconnaître des dettes, d’aimer tout court, peut-être. Ma véritable patrie étant, toujours, l’océan, je n’ai pas ce petit problème à reconnaître, et saluer, les navigateurs que j’ai croisé lors de mes voyages, et qui m’ont si souvent détournée des gouffres et des impasses. Il est beaucoup moins question de dire à ces “amis inconnus” que sans eux je ne serais pas devenue écrivain que de reconnaître avec tranquillité et sans irritation égotiste que ce sont eux, bien souvent, qui m’ont simplement tenue en vie. C’est aux livres de ces autres, et non aux miens que je dois, tout simplement, d’être en vie.
C’est pour moi une joie indicible, et un privilège, de leur rendre cet hommage, et de chanter ces lumières qui ont ponctuée ma traversée. J’ai toujours préféré, infiniment, chanter l’amour que la colère. Je remercie humblement tous ces auteurs (dont je n’ai pu hélas saluer dans Navigator qu’une infime partie) de m’en avoir offert à la fois l’occasion et l’élan.

C’est un grand bonheur que de publier cet opus accompagné des photographies somptueuses d’un vieil ami et compagnon de route, Mad Youri, et (étrange occurrence qu’aucune des Pythies qui hantent mes histoires ne n’avait annoncée !) de celles de ma propre fille, Sadana Silhol, qui signe également la couverture.
Ce blog n’étant pas rédigé sous forme poétique, je ne peux exprimer l’étrangeté et le plaisir de cette configuration.

Nav-insider

Au fil des pages… photographie by Sadana Silhol

Nous avons choisi pour ce volume, qui comporte une vingtaine de photographies en couleurs, le plus souvent sur doubles-pages,  une impression ad hoc : “premium” sur papier photographique mat. La ‘main’ de ce papier, sa texture, m’a tiré un carnassier sourire. On glissssse dessus comme sur de l’eau ! J’aurais simplement aimé que les coûts d’impression ne soient pas aussi élevés, dictant un prix de vente à l’avenant. Mais… on ne peut pas tout avoir, je suppose.
Nous pourrons vraiment, mon équipage et moi, affirmer que nous l’avons fait *pour le plaisir* (le nôtre, et le vôtre également, j’espère), car il ne nous ‘rapportera’ quasiment rien. Mais le mépris de l’argent, et la préséance sur toute chose de l’Art, c’est aussi ce que ceux auquel je rends hommage m’ont appris, et c’est une leçon pour laquelle je les remercie (en mots… et actes !).

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Au fil des pages… 1/3 de photographie, Sadana Silhol

De tous les livres que j’aurais faits “pour moi”, Navigator est sans doute celui que j’aurais fait le plus… “pour moi”. Les lecteurs qui me suivront (ou me rencontreront pour la première fois) à travers ces pages se confronteront à un autre niveau de partage.
La poésie, c’est aussi cela : le territoire où les auteurs, dépouillés des obligations qu’impose l’intrigue, et tout à la fois de ses commodes artifices, ne peuvent plus porter les masques de la Comedia, et se cacher derrière leurs personnages. Le seul espace, par conséquent, où ils ne puissent éviter d’être totalement vrais.

Je souhaite à tous ceux qui nous rejoindront à bord une exaltante traversée.

Salve

LS/.

Navigator, précédé de Tracés de Feu, sous la peau, Léa Silhol + Sadana Silhol + Mad Youri, paru le 28/08/2017 chez Nitchevo Factory.
Tous les détails tech & autres c/o Nitch,  ici

340 mps – Artefacts de l’Obsession

:: Paru ::

 

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Obsessio (lat.) : “blocus, siège d’une cité”.


Le point focal de tout ce qui nous définit, nous raffine, nous change irrémédiablement, nous exalte, nous détruit, et à la fin nous maudit ou nous sauve pourrait être aussi simple que…
Le prix à payer pour un éventail signé par Oscar Wilde ; la glissade d’une repentie sur un vol de papillons ; la reptation du péché dans l’arrondi d’une bouteille ; l’ombre d’un objet manquant, dans une galerie de portraits ; le staccato de la vengeance dans un pistolet de tatouage ; une course éperdue vers un amour d’enfance ; l’e-mail d’une rock-star à sa fan n°1 ; les sacs entassés des courriers de Noël, dans des hangars sous la neige ; un carnet d’anecdotes, transmis de vies en vies…

L’alphabet de nos grandeurs et dérives pourrait parfois tenir en une forme, une lettre, une ellipse ininterrompue :

 

O

Omega capital du cercle des cercles.

Léa Silhol, architecte protéiforme des univers de Vertigen, Frontier et des livres-puzzles du concept Error_Type prête ici, encore une fois, sa voix et son calame aux funambules, aux chasseurs de mirages impénitents et aux affamés d’orages.
340 mps déplie les facettes qui jointent le désir au point de rupture, le temps de neuf histoires qui sont autant d’odes tendres et grinçantes aux archétypes de la démesure.

 

340 mps

Léa Silhol – 340 mps

 

Hyperfocus #2

228 pages.
édition brochée (17 x 22 cm)
ISBN 9791094902080
Couverture  : photographie originale de Mad Youri
17 juin 2017 – c/o Nitchevo Factory

 

***

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Enter

Musiques de la Frontière / edit 2017 /

Il fut demandé à cors et à cris… Et le voilà !

La version 2017 des “Musiques de la Frontière” est sortie hier.

 


“Dans les failles du béton, dans les craquelures de l’asphalte, une fleur barbelée a pris racine.
Sans vertige du haut des immeubles, et sans peur dans l’ombre des ruelles, les étrangers se lèvent. Ils viennent de nos rêves les plus insensés ou du plus sombre de nos cauchemars. Aigus, affutés, drapés d’altérité et de symboles, armes murmurantes au poing, et infusés tout entiers de cette menace majeure à l’ordre établi des hommes : le glamour. Un enchantement si ancien qu’il frappe de terreur les uns et fait battre à nouveau le cœur lassé et assoupi des autres.

Chez les ‘regs’, on les surnomme changelings, coucous ; on prétend qu’ils ont été abandonnés dans les demeures des hommes par des créatures légendaires, hostiles, sans âme, aux desseins insondables.
Mais entre eux, dans les Centres d’internement, les squats dans les replis aveugles des villes et l’enclave de leurs meutes, ils se donnent à eux-mêmes le nom de ‘fay’.
Au bout de leur route vers la liberté, et l’accomplissement de leur inaliénable identité, attend Frontier, la cité hors-le-monde, que les Cours de féerie, jadis, appelaient Seuil.

C’est ce périple, et tout autant celui des regs qui leur font face, que narre le premier opus du Dit de Frontier, en douze arcanes tissés de coups du sort, de sang, de feu, et de foudre.

Les textes de ce volume ont été nominés cinq fois aux Prix Merlin et Rosny-Aîné ; le recueil entier a été nominé au Grand Prix de l’Imaginaire et a reçu, en 2005 le Prix Imaginales.
Léa Silhol, pionnière de la Fantasy Urbaine, continue depuis à ajouter, pierre à pierre, romans et nouvelles à la citadelle des fay.

Léa Silhol : “Musiques de la Frontière” (réédition revue et corrigée)
Couverture originale de Dorian Machecourt.
Postface de Natacha Giordano
(nouvelle) introduction de Léa Silhol

Recueil thématique – Fantasy Urbaine (Urban Fantasy) – Univers de “Frontier” (cf. https://www.facebook.com/Fays.of.Frontier/)

304 pages.
édition brochée (17 x 22 cm)
ISBN 9791094902073
03 avril 2017 – Nitchevo Factory

Disponible c/o Amazon – France –  USA UKCanada – (etc.) + Nitchevo’s CS direct shop :

See also / shelve / note / review ::
https://www.goodreads.com/book/show/34748291-musiques-de-la-fronti-re

 

Sous le Lierre

(en retard en retard en retard…. — disait le Lapin Blanc à Alice…)

:: Paru ::  le 31/05/2016…

Sous le Lierre (roman)

Sous l’ombre dense et tactile des grands chevaux blancs tracés à la craie dans les collines du Wiltshire, et les profondes futaies de la glorieuse forêt de Savernake… quelque part entre le réalisme magique et la fantasy historique… mon dernier crime littéraire…

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INSIDE /

Le livre + ses lecteurs + son auteur  :

// extrait de “l’insider”posté par la ci-devant auteure sur Goodreads //


Sous le Lierre est, pour moi, l’apologie du triomphe, de la résistance, de l’ardeur, et du feu inextinguible de l’adolescence. Peut-être bien, aussi, de cette idée indéboulonnable que, quand quelque chose devrait tomber droit, il faut bien, à la fin que ce pénible “quelque chose” le *fasse*.
La situation d’Ivy Winthorpe, censément prisonnière d’un rôle écrit pour elle dans une pièce absurde par divers intervenants (sa famille, son milieu, son village…) est très semblable, en réalité, à l’épreuve qu’avait dû traverser et vaincre Angharad dans La Sève et le Givre
Époque différente, scène de fond différente, et même maladie : l’être outil, en en particulier la femme outil (bien que l’on puisse voir que ce système est, à Horninglake, parfaitement paritaire).

Ce n’est pas là, comme ceux qui ont déjà lu cet opus le savent, le _seul_ lien de ce roman avec mon cycle de Vertigen, même si Sous le Lierre est certainement l’un des livres les plus indépendants de la Trame, ne nécessitant pas d’avoir lu la moindre ligne du reste.

C’est là un OVNI avec lequel j’ai passé un moment formidable, parfumé à la chlorophylle, à la résine et au cuir de sellerie, après les encens orientaux de Sacra. J’en garderai toujours le souvenir d’une immense bouffée d’air.
Si le lecteur se lève, au terme de cette course éperdue, avec la féroce et victorieuse envie de dresser le point et clamer un quelconque équivalent de nos adolescents “les poètes vaincront !” mon objectif sera pleinement atteint.
Je pense que, fondamentalement, tous mes livres ont l’intention sous-jacente de convaincre le lecteur que nous pouvons viser l’impossible, et atteindre à l’extraordinaire, pour peu que nous nous en donnions les moyens ; mais… aucun, sans doute, ne l’a fait avec autant de fougue que celui-ci.

Le plus grand défi payant de l’adolescence, après tout, ne pourrait bien être que de savoir être pleinement jeune, au point de le rester toujours. Face à des enjeux et défis plus triviaux et “adultes”, Ivy est là, je l’espère, pour nous rappeler ce que c’est que de se sentir invincible… et/ou de le devenir pleinement, comme elle l’a fait. Girl power ?

Je vous souhaite à tous l’impulsio !
Come away… come away…
sur l’obstacle, sur l’obstacle, Fern… 😉

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“Sous le Lierre” (Léa Silhol ) – couverture de Dorian Machecourt

OUTSIDE : / facts /

Léa Silhol – Sous le Lierre (roman)

Par-delà un simple mur écroulé, au fond du parc d’un manoir anglais, s’étendent des bois immenses, ceinturés de légendes et d’étranges interdits. L’héritière de cette antique demeure, Ivy Winthorpe, ne se définit que par le regard sarcastique qu’elle jette sur toutes choses, les livres qu’elle lit en cachette, sa nature de centaure et, par-dessus tout, les bois vers lesquels elle ne cesse de s’évader, contre toute opposition et obstacle.
C’est la plume de celle qui se définit elle-même comme “un petit système ensauvagé” qu’endosse l’auteure, le temps d’un hymne barbare, à la charnière entre les jardins d’une aristocratie moribonde et les étendues de la millénaire forêt de Savernake, noyée de mystère et de vivants secrets.

Un voyage passionnel et féroce dans le grand vert de l’implacable nature, filigrané par la figure énigmatique du Green-Man, le pas des cavaliers, et hanté par l’ombre obsédante du Heathcliff d’Emily Brontë.

488 pages.
édition brochée (17 x 22 cm)
ISBN 9791094902059
Léa Silhol : # Sous le Lierre
Couverture et illustration intérieure originale de Dorian Machecourt.
31 mai 2016 – Nitchevo Factory éd.

Avec un profond salut (nécessairement amoureux) au “Under the Ivy” de Kate bush

Sacra

:: Parus ::

SACRA, Parfums d’Isenne & d’Ailleurs

opus I / Aucun coeur inhumain /// opus II / Nulle âme invincible

 

:: One ::

SACRA, Parfums d'Isenne et d'Ailleurs - opus I - "Aucun coeur inhumain" // par Léa Silhol, couverture de Dorian Machecourt.

SACRA, Parfums d’Isenne et d’Ailleurs – opus I – “Aucun coeur inhumain” // par Léa Silhol, couverture de Dorian Machecourt.

 

Ex-stasis… L’extase… l’ivresse, le ravissement, l’intoxication d’un instant ou d’une ère…
Encapsulée dans le rituel, la forme, et les parfums du monde…
Dans les sens… dans l’encens…

Au travers d’une boîte de palissandre que les écrivains se transmettent secrètement depuis des siècles ~ des calligraphies du roi des Djinn, même sur un parchemin frauduleux, et de la dialectique des céramistes Satsuma dans le salon de Klimt ~ des bouquets de fleurs blanches envoyées par un père à sa fille, et des visages du Green Man dans des bois interdits ~ des voiles des navires qui filent vers le port, enflées par les chants des passagers, et de la voix de tous ceux que — aimés jadis — nous pensions avoir perdus pour toujours.
D’un bout à l’autre des horizons et hors des cartes, sur le fil d’une errance rythmée du pas des voyageurs inlassables, et des esprits affamés de splendeur, les traces des mortels et immortels se doublent, se croisent, se frôlent…
Au centre du compas, la cité légendaire d’Isenne, carrefour hybride entre l’Orient et l’Occident, hantée de fantômes, de rumeurs, de contes et de codes ; dépliant ses mystères autour du Labyrinthe des verriers. Marché gobelin où l’art et la démesure s’échangent, s’offrent, s’achètent et se perdent, entre les ombres vibrantes d’Irshem et les esquisses de Venise…

Léa Silhol, architecte des univers croisés de Vertigen, Frontier et Isenne, scalde des astérismes et des carrefours, déclare solennellement que Sacra constitue, plus encore que les prismatiques Avant l’Hiver et Fo/véa, la rose des vents de sa Trame, et que le lecteur ne s’aventurera dans le dédale de Manta qu’à ses risques et périls.

— Première séquence, en six nouvelles et deux novellas —

300 pages – couverture & illustrations intérieures de Dorian Machecourt –
Parution : 23/02/2016 – Nitchevo Factory – 9791094902035

 

:: Two ::

SACRA, Parfums d'Isenne et d'Ailleurs - opus II - "Nulle Âme invincible" // par Léa Silhol, couverture de Dorian Machecourt.

SACRA, Parfums d’Isenne et d’Ailleurs – opus II – “Nulle Âme invincible” // par Léa Silhol, couverture de Dorian Machecourt.

 

Une fois encore, les lignes des fils tendus se croisent, et les quêteurs de secrets se rassemblent, cherchant le chemin vers les codes, rites et fragrances du grand carrefour du monde, et ce qu’il reste de la splendeur…
Autour… de la lueur d’une lampe noire dans une boutique d’antiquités de Kensington ~ des cérémonies initiatiques des adeptes de Morphée, et des songes de braise des Khazars ~ du pas des Nephilim sur la route des âges, et des formules de la vacuité et du détachement, sous l’ombre des statues du Gandhara ~ de l’écho du rire d’Angharad sur les murs des palazzi lagunaires, et du café embaumé d’épices d’un Lucifer mécréant ~ de la couleur envoûtante des érables à Kyoto, au miroir coupant de retrouvailles dans les rues de New York… Dans le souffle brûlant des athanors d’Isenne, les vapeurs des braseros oneiroi, et le parfum du bois d’Agar des cérémonies de Kodo japonaises, le diagramme mouvant du Sacré se dessine et s’efface, une nouvelle fois…

Il ne restera de ces trajectoires de feu, à la fin, que l’empreinte de pas de foudre dans les braises, le sable coruscant et la cendre, et la fumée tenace d’un millier de parfums répandus.

Sous l’égide des Muses et le claquement des bannières du Jinnistan dans les vents de Qâf, par les Sceaux qui convoquent les Déchus et les dieux exilés ; au calame persan, au couteau de peintre, et au plomb des vitraillistes, Léa Silhol, architecte des univers croisés de Vertigen, Frontier et Isenne, conclut le tissage d’une rose des vents en forme de piège à rêves, passionné, viscéral et intransigeant, à l’image des âmes démesurées qu’elle ne se lasse jamais de dépeindre

— Deuxième séquence, en cinq nouvelles et deux novellas —

336 pages – couverture & illustrations intérieures de Dorian Machecourt –
Parution : 19/04/2016 – Nitchevo Factory – 9791094902042

POSSESSION POINT (tango)

Dedans, à l’envers, sous la peau… là où le tracé des outrages devenait la nasse d’un réseau ferroviaire… est-ce que chacun des regards de mépris, de haine, de rejet se faisait marque, aussi ? Entaille, douleur ?

Est-ce qu’on s’y fait, un jour ? Est-ce qu’on apprend à composer avec le lacis de ces impasses, de nos anciennes routes transcontinentales effondrées ? Est-ce qu’on peut, une fois toutes les artères détruites, revenir sur nos pas ? Ou sommes-nous, comme tu le disais jadis, condamnés à tracer, droit devant, vers le gouffre qui nous attend, ouvrant toujours plus béantes ses mâchoires ?

Parfois, lorsque la nuit est tombée complètement, toujours trop tôt, toujours trop loin… je ne sais plus. Je ne vois plus la route. Je ne parviens pas à anticiper le matin.

C’est que je crie dans mes rêves, aussi, à présent.

C’est que je sais ce qu’on n’apprend que de l’intérieur. La raison des lignes de fuite, et des hémorragies coutumières. Qu’on ne peut pas s’en foutre, mais juste faire semblant d’en rire, bravache comme un torero.

Et aller au bout.

Possession est le premier roman que je sors après mon grand hiatus en Wanderlust, et l’accident qui me foudroya quelque peu, en 2010.

Je me suis souvent demandé à quel point cet AVC, et le très long travail de “reconquête du sylo” qui l’avait suivi, avaient pu altérer mon identité d’auteur.

Quelle part, dans certaines altérations de mon style, était due à une certaine (inévitable) “maturité”, et quelle part provenait directement de la recomposition de mes schémas neuronaux après l’incendie. C’est un objet d’étude un peu nombriliste, mais fascinant, en un sens. Au moment où ce crash advint, me privant instantanément de mes ‘dictionnaires (internes)’, de pans entiers d’un vocabulaire que j’ai toujours aimé chirurgical et précis, j’ai pu amplement mesurer mes priorités. Je me souviens avec un certain amusement de l’expression de ma neurologue quand je lui ai littéralement crié au visage que je me foutais du risque vital, mais voulais uniquement récupérer mon clavier. Pour un auteur, ne pas se reconnaître dans les lignes qu’il écrit est aussi étrange, perturbant, aliénant que de faire face à un étranger dans le miroir.

Les derniers mois de travail, tandis que je traçais droit sur les Highways de Possession Point, je n’y ai plus du tout pensé. Ces interrogations ne me sont revenues, en mode très auto-amusé, que lorsque j’avançais à très grande vitesse sur le roman que j’ai écrit immédiatement après la complétion de Possession. Et uniquement parce que je ne m’étais jamais montrée aussi… sociopathe et sarcastique à l’échelle d’un roman (et, entre nous, ce fut un grand moment de plaisir, et *j’adore* mon personnage — nous en reparlerons lorsque ce sera l’heure… c’est à dire avant la fin du mois, car ce monstre sort en mai).

En relisant dernièrement les textes de Musiques de la Frontière dont la réédition est programmée, j’en suis venue à la conclusion que non, mon accident n’avait au final pas eu grande incidence sur ce “style” (of mine) dont il est tant question. Mais la “maturité”, cela… oui, très probablement.

Les littératures de l’Imaginaire sont des masques de théâtre Nô. Des moyens, toujours, d’aborder de profil des problématiques très réelles. C’était déjà le rôle des contes, du théâtre antique, et de la mythologie. Rien de neuf sous le soleil 😉 Avec le temps, l’expérience, et un degré supérieur de sûreté de soi (peut-être), on ressent de moins en moins le besoin de ce masque. Au départ, par exemple, on fera entrer la part lumineuse inhérente à mon genre favori = la fantasy urbaine, par le bais du ‘merveilleux’, de la ‘magie’. Mais au fond, sous tous ces voiles, on sait très bien que la véritable lumière, tout comme la véritable noirceur, provient des êtres. Ce fut toujours, bien entendu le cas dans la séquence de Frontier, mais Possession pousse le principe, il me semble, un cran plus loin. De même que le ‘réalisme’ y est bien plus présent. Le roman se situe dans une période particulièrement sombre de l’histoire des fays, au moment où les regs durcissent le ton (et les lois les concernant).

Frontier, bien sûr, a toujours été un réquisitoire et un plaidoyer à la fois contre l’exclusion sous toutes ses formes. Plus je progresse dans cet univers, et moins je ressens de besoin de voiler mon sujet. Et Possession étant à la fois le prequel et le sequel de “vado Mori” il s’agit tout autant d’une histoire (d’amour) extrêmement passionnelle, obsessionnelle et au final… criminelle 😉 Ce motif était central (et radioactif !) dans Vado, et à l’échelle d’un roman… on va évidemment beaucoup plus loin dans les replis et méandres de cette addiction.

« Il y a un protocole ?

Tu as souri en secouant la tête, sans quitter la route des yeux.

Sois sincère. Ne mens pas à Ash. Il lira probablement tes pensées, de toute façon.

Oh. Quel âge a-t-il ?

Quel… âge ? Quel intérêt est-ce que cela peut bien avoir ?

Juste comme ça. S’il lit mes pensées… j’espère qu’il est blindé. » Tu m’as regardée avec stupéfaction, et un début de fou rire. J’ai ajouté : « Et majeur. »

Frontier est la fille de Seuil, mais, elle se situe, en terme d’esprit et d’époque, à des centaines de milliers de km de Seuil. La ‘couleur’ est donc aux antipodes de Vertigen, et d’une certaine façon (puisque rédigé par la ‘fausse reg’ Anis), à un certain nombre de bornes de certains textes de Musiques de la Frontière aussi. On ne s’attend pas à entendre Lugh ou Angharad ‘sortir une blague’… mais Fallen, lui, ne s’en prive pas 😉

Toutefois… vous verrez un jour qu’Angharad d’Hiver, si les circonstances s’y prêtent, n’est pas dénuée elle-même de beaucoup d’humour (mais dans son privé, évidemment, uniquement dans son privé !).

Je ne suis pas persuadée que les lecteurs qui prisent principalement, ou exclusivement, le monde hiératique et figé de Vertigen trouveront à apaiser ici une certaine…. fringale dont ils me parlent régulièrement. Toutefois, pan à pan et strate à strate, Vertigen doit faire son chemin vers Frontier. C’est là, n’en déplaise aux Parques, son Destin. Et alors, oui, vous verrez au moins Lugh, Nicnevin, et un certain nombre d’autres ‘raconter des blagues’ (un jour).

What to expect ?

(expect everything, don’t expect anything…)

ATTENTION (pour ceux qui n’aiment pas) présence possible de petits spoilers. 😉

Qui est là ? Toute la fameuse ‘bande’ rencontrée dans Musiques, à l’exception de ceux nés plus tardivement (Gift, etc.) et on en apprend davantage sur nombre d’entre eux, y compris certaines information pas piquées des vers sur qui était qui…. avant. Mais sont aussi présents certains membres éminents d’autres communautés fays, dont ceux vivant et agissant à New York.

Il est également possible que le lecteur averti trouve des traces d’autres pans de la Trame, au premier chef Vertigen, mais pas seulement 😉 (notez que je donne mes meilleurs efforts à ne pas trop spoiler !).

Qui est le chien que l’on voit sur la couverture ? (question posée directement par un lecteur) :: Vous l’avez déjà vu(e) très brièvement dans Musiques. C’est Sara, la malinoise d’Anis (et elle aussi a un message à faire passer).

Et le roman est sous-titré “premiers carnets de route d’Anis W.”… Est-ce qu’il y aura d’autres “carnets”, donc ? Oui, très probablement. Le n° 2 est déjà en cours d’écriture, bien que je ne sache à cette heure si cet opus 2 prendra la forme d’un roman ou d’une novella.

La majorité des “textes suivants” sur Frontier seront des novellas ou des romans. Je constate que la forme courte me satisfait de moins en moins. Cela ne m’étonne guère. Je suis venue à la nouvelle très tard, et quasi-uniquement parce que je n’avais pas le temps d’écrire des romans, et que je souhaitais faire des expériences sur les modes de narration. La nouvelle se prête merveilleusement aux ambiances évanescentes, au mystère, au non-dit. Ce sont là des formes que je pratique de moins en moins. Lorsque je le fais à présent, elles sont longues, atteignant assez rapidement le statut de novelette ou novella. La Muse commande, j’obéis !

J’ai encore fait ce constat lors du travail (à présent terminé) sur le duo Sacra. L’ensemble ne comporte pas moins de 4 novellas, dont une est même, selon les nomenclatures en vigueur, un roman de taille modeste plutôt qu’une novella.

Sacra a confirmé amplement ce principe de “la vérité / la lumière est dans les êtres, et non les principes généraux ou les situations.

On en reparle immédiatement car… (damned !) j’avais oublié avoir rédigé ce draft, et ne le (re)découvre qu’au moment d’annoncer, bien tardivement, la sortie du premier volume de Sacra (fin février) et la parution imminente du suivant.

La vie est désopilante ! (ou alors… je travaille trop ?)

Vale !

LS/.