POSSESSION POINT (tango)

Dedans, à l’envers, sous la peau… là où le tracé des outrages devenait la nasse d’un réseau ferroviaire… est-ce que chacun des regards de mépris, de haine, de rejet se faisait marque, aussi ? Entaille, douleur ?

Est-ce qu’on s’y fait, un jour ? Est-ce qu’on apprend à composer avec le lacis de ces impasses, de nos anciennes routes transcontinentales effondrées ? Est-ce qu’on peut, une fois toutes les artères détruites, revenir sur nos pas ? Ou sommes-nous, comme tu le disais jadis, condamnés à tracer, droit devant, vers le gouffre qui nous attend, ouvrant toujours plus béantes ses mâchoires ?

Parfois, lorsque la nuit est tombée complètement, toujours trop tôt, toujours trop loin… je ne sais plus. Je ne vois plus la route. Je ne parviens pas à anticiper le matin.

C’est que je crie dans mes rêves, aussi, à présent.

C’est que je sais ce qu’on n’apprend que de l’intérieur. La raison des lignes de fuite, et des hémorragies coutumières. Qu’on ne peut pas s’en foutre, mais juste faire semblant d’en rire, bravache comme un torero.

Et aller au bout.

Possession est le premier roman que je sors après mon grand hiatus en Wanderlust, et l’accident qui me foudroya quelque peu, en 2010.

Je me suis souvent demandé à quel point cet AVC, et le très long travail de “reconquête du sylo” qui l’avait suivi, avaient pu altérer mon identité d’auteur.

Quelle part, dans certaines altérations de mon style, était due à une certaine (inévitable) “maturité”, et quelle part provenait directement de la recomposition de mes schémas neuronaux après l’incendie. C’est un objet d’étude un peu nombriliste, mais fascinant, en un sens. Au moment où ce crash advint, me privant instantanément de mes ‘dictionnaires (internes)’, de pans entiers d’un vocabulaire que j’ai toujours aimé chirurgical et précis, j’ai pu amplement mesurer mes priorités. Je me souviens avec un certain amusement de l’expression de ma neurologue quand je lui ai littéralement crié au visage que je me foutais du risque vital, mais voulais uniquement récupérer mon clavier. Pour un auteur, ne pas se reconnaître dans les lignes qu’il écrit est aussi étrange, perturbant, aliénant que de faire face à un étranger dans le miroir.

Les derniers mois de travail, tandis que je traçais droit sur les Highways de Possession Point, je n’y ai plus du tout pensé. Ces interrogations ne me sont revenues, en mode très auto-amusé, que lorsque j’avançais à très grande vitesse sur le roman que j’ai écrit immédiatement après la complétion de Possession. Et uniquement parce que je ne m’étais jamais montrée aussi… sociopathe et sarcastique à l’échelle d’un roman (et, entre nous, ce fut un grand moment de plaisir, et *j’adore* mon personnage — nous en reparlerons lorsque ce sera l’heure… c’est à dire avant la fin du mois, car ce monstre sort en mai).

En relisant dernièrement les textes de Musiques de la Frontière dont la réédition est programmée, j’en suis venue à la conclusion que non, mon accident n’avait au final pas eu grande incidence sur ce “style” (of mine) dont il est tant question. Mais la “maturité”, cela… oui, très probablement.

Les littératures de l’Imaginaire sont des masques de théâtre Nô. Des moyens, toujours, d’aborder de profil des problématiques très réelles. C’était déjà le rôle des contes, du théâtre antique, et de la mythologie. Rien de neuf sous le soleil 😉 Avec le temps, l’expérience, et un degré supérieur de sûreté de soi (peut-être), on ressent de moins en moins le besoin de ce masque. Au départ, par exemple, on fera entrer la part lumineuse inhérente à mon genre favori = la fantasy urbaine, par le bais du ‘merveilleux’, de la ‘magie’. Mais au fond, sous tous ces voiles, on sait très bien que la véritable lumière, tout comme la véritable noirceur, provient des êtres. Ce fut toujours, bien entendu le cas dans la séquence de Frontier, mais Possession pousse le principe, il me semble, un cran plus loin. De même que le ‘réalisme’ y est bien plus présent. Le roman se situe dans une période particulièrement sombre de l’histoire des fays, au moment où les regs durcissent le ton (et les lois les concernant).

Frontier, bien sûr, a toujours été un réquisitoire et un plaidoyer à la fois contre l’exclusion sous toutes ses formes. Plus je progresse dans cet univers, et moins je ressens de besoin de voiler mon sujet. Et Possession étant à la fois le prequel et le sequel de “vado Mori” il s’agit tout autant d’une histoire (d’amour) extrêmement passionnelle, obsessionnelle et au final… criminelle 😉 Ce motif était central (et radioactif !) dans Vado, et à l’échelle d’un roman… on va évidemment beaucoup plus loin dans les replis et méandres de cette addiction.

« Il y a un protocole ?

Tu as souri en secouant la tête, sans quitter la route des yeux.

Sois sincère. Ne mens pas à Ash. Il lira probablement tes pensées, de toute façon.

Oh. Quel âge a-t-il ?

Quel… âge ? Quel intérêt est-ce que cela peut bien avoir ?

Juste comme ça. S’il lit mes pensées… j’espère qu’il est blindé. » Tu m’as regardée avec stupéfaction, et un début de fou rire. J’ai ajouté : « Et majeur. »

Frontier est la fille de Seuil, mais, elle se situe, en terme d’esprit et d’époque, à des centaines de milliers de km de Seuil. La ‘couleur’ est donc aux antipodes de Vertigen, et d’une certaine façon (puisque rédigé par la ‘fausse reg’ Anis), à un certain nombre de bornes de certains textes de Musiques de la Frontière aussi. On ne s’attend pas à entendre Lugh ou Angharad ‘sortir une blague’… mais Fallen, lui, ne s’en prive pas 😉

Toutefois… vous verrez un jour qu’Angharad d’Hiver, si les circonstances s’y prêtent, n’est pas dénuée elle-même de beaucoup d’humour (mais dans son privé, évidemment, uniquement dans son privé !).

Je ne suis pas persuadée que les lecteurs qui prisent principalement, ou exclusivement, le monde hiératique et figé de Vertigen trouveront à apaiser ici une certaine…. fringale dont ils me parlent régulièrement. Toutefois, pan à pan et strate à strate, Vertigen doit faire son chemin vers Frontier. C’est là, n’en déplaise aux Parques, son Destin. Et alors, oui, vous verrez au moins Lugh, Nicnevin, et un certain nombre d’autres ‘raconter des blagues’ (un jour).

What to expect ?

(expect everything, don’t expect anything…)

ATTENTION (pour ceux qui n’aiment pas) présence possible de petits spoilers. 😉

Qui est là ? Toute la fameuse ‘bande’ rencontrée dans Musiques, à l’exception de ceux nés plus tardivement (Gift, etc.) et on en apprend davantage sur nombre d’entre eux, y compris certaines information pas piquées des vers sur qui était qui…. avant. Mais sont aussi présents certains membres éminents d’autres communautés fays, dont ceux vivant et agissant à New York.

Il est également possible que le lecteur averti trouve des traces d’autres pans de la Trame, au premier chef Vertigen, mais pas seulement 😉 (notez que je donne mes meilleurs efforts à ne pas trop spoiler !).

Qui est le chien que l’on voit sur la couverture ? (question posée directement par un lecteur) :: Vous l’avez déjà vu(e) très brièvement dans Musiques. C’est Sara, la malinoise d’Anis (et elle aussi a un message à faire passer).

Et le roman est sous-titré “premiers carnets de route d’Anis W.”… Est-ce qu’il y aura d’autres “carnets”, donc ? Oui, très probablement. Le n° 2 est déjà en cours d’écriture, bien que je ne sache à cette heure si cet opus 2 prendra la forme d’un roman ou d’une novella.

La majorité des “textes suivants” sur Frontier seront des novellas ou des romans. Je constate que la forme courte me satisfait de moins en moins. Cela ne m’étonne guère. Je suis venue à la nouvelle très tard, et quasi-uniquement parce que je n’avais pas le temps d’écrire des romans, et que je souhaitais faire des expériences sur les modes de narration. La nouvelle se prête merveilleusement aux ambiances évanescentes, au mystère, au non-dit. Ce sont là des formes que je pratique de moins en moins. Lorsque je le fais à présent, elles sont longues, atteignant assez rapidement le statut de novelette ou novella. La Muse commande, j’obéis !

J’ai encore fait ce constat lors du travail (à présent terminé) sur le duo Sacra. L’ensemble ne comporte pas moins de 4 novellas, dont une est même, selon les nomenclatures en vigueur, un roman de taille modeste plutôt qu’une novella.

Sacra a confirmé amplement ce principe de “la vérité / la lumière est dans les êtres, et non les principes généraux ou les situations.

On en reparle immédiatement car… (damned !) j’avais oublié avoir rédigé ce draft, et ne le (re)découvre qu’au moment d’annoncer, bien tardivement, la sortie du premier volume de Sacra (fin février) et la parution imminente du suivant.

La vie est désopilante ! (ou alors… je travaille trop ?)

Vale !

LS/.

Advertisements

Possession… (is a state of mind)

Léa Silhol - "Possession Point" - cover

Léa Silhol – “Possession Point” – cover

 

 

:: Next :: Sortie imminente :

POSSESSION POINT

Roman – Frontier – fays – prequel/sequel to : “Vado Mori”

Cover art by : Dorian Machecourt.

340 p.

September 2015 – Nitchevo Factory.

 

Tes iris à toi, mon ange, avaient la couleur de la mer avant l’orage, aux rives d’Half Moon Bay. Toutes les Mavericks de Pillar Point y écrivaient en germes les promesses que tu tenais. Je roule parfois jusque là-bas pour jeter un sucre au manque qui me tient dans ses tenailles. Je marche de Ghost Trees à Half Moon Bay. Pour regarder les vagues, de peur d’oublier tes yeux. Quelque part entre les fantômes des arbres et le meurtrier Pillar Point, assise à même la poudre de mon sablier, je bois cette couleur. Je la respire, pendant qu’elle reflue et déferle. J’essaye, une fois encore, d’élucider la technologie de ce mystère. De comprendre comment le monde des hommes transforme la couleur des Mavericks en cadrans d’horloges. Comment le rythme des vagues immenses a pu s’enrouler pour devenir, dans tes yeux, ce cercle de métal auquel j’ai donné un tour ou deux, jadis. C’était un rouage. Mais tout autant, je le sais bien, la face implacable d’un barillet.

Dans un monde transfiguré par le retour de la Féerie, Anis a pris la route, à la recherche d’une cité légendaire dont on dit qu’elle ne se laisse trouver qu’à son gré : Frontier.
C’est dans la “ville au bord du monde”, patrie des fays, que vit à présent l’homme qu’elle a aimé, et trahi : Jay, membre du redoutable gang changeling de Seattle.
À travers leur histoire, feuilletée comme un album photo depuis le jour de leur rencontre jusqu’à celui de leurs hypothétiques retrouvailles, c’est la vie de tous les Premiers qui se dévoile, durant les années précédant et suivant directement le fondation de l’utopie que fays & fées nomment Le Seuil.

LS tisse les récits des fays de Frontier depuis 1998. Elle a pris définitivement résidence auprès des ‘coucous’ depuis dix ans, avec le recueil Musiques de la Frontière, (Prix Imaginales 2005). Possession Point est son quatrième roman.

ISBN 9791094902028
# Le Dit de Frontier (2)

Shunt //.

 

Contes de la Tisseuse – deux nouvelles robes et etc.

En ce beau 4 septembre, la version collector / deluxe / augmentée de mes chers vieux “Contes de la Tisseuse” sortit du bois (de fées).

Léa Silhol + Dorian Machecourt : "Contes de la Tisseuse, suivi de Voix de Fées"

Léa Silhol + Dorian Machecourt : “Contes de la Tisseuse, suivi de Voix de Fées”.

 

Il s’agit d’une édition reliée (hardcover), sous jaquette, totalement-et-merveilleusement illustrée en couleurs.

Cette version des Contes est suivie d’un petit ensemble de textes inédits, intitulé “Voix de Fées”.

Plus haut :  la couverture de l’animal, et voici la même plein cadre (dépliée).

 

 

Lea Silhol + Dorian Machecourt : "Contes de la Tisseuse, suivi de "Voix de Fées"

Léa Silhol + Dorian Machecourt : “Contes de la Tisseuse, suivi de “Voix de Fées”

Les planches (pleine page) sont des illustrations inédites de Dorian Machecourt spécialement concoctées pour cette édition.

 

Dorian Machecourt - illustrations pour "Contes de la Tisseuse" de Léa Silhol

Dorian Machecourt – illustrations pour “Contes de la Tisseuse” de Léa Silhol

 

 

Déjà commandable chez l’imprimeur / diffuseur
Et très bientôt @ Amazon et autres librairies online. Mais cet ouvrage, ainsi que le précédent, les “Contes de la Tisseuse” édit 2015 peut aussi être commandé par les libraires (via la Sodis).

Lea Silhol "Contes de la Tisseuse"

“Contes de la Tisseuse” – Léa Silhol, cover art by Dorian Machecourt, Nitchevo Factory, 2015

 

 

Autres infos, papotes, etc. sur ma page @ Goodreads & on en parle, comme d’habitude, sur Twitter et Facebook.

À vous revoir, nobles messieurs et gentes dames (mais les rascals et les freaks tout autant !).

LS/.

 

“Contes de la Tisseuse” v. 2015

Lea Silhol "Contes de la Tisseuse"

“Contes de la Tisseuse” – Léa Silhol, cover art by Dorian Machecourt, Nitchevo Factory, 2015

 

 

Et parce que bien sûr je suis en retard sur tout… (et préfère écrire des livres que de rédiger des blogs ?) …

Sortie le 15 avril, la réédition de mon premier recueil, les Contes de la Tisseuse, en grand format, et sous une nouvelle couverture originale de Dorian Machecourt.

A été ajouté au corpus d’origine une bibliographie complète (+ ou moins !) de mes crimes, tous médias confondus.

On peut trouver / se procurer ce petit monstre chez “son libraire habituel” (sur commande, fort probablement) et via :

ChapitreAmazon  — DecitreBoD (etc. etc.)

 

 

***

En chantier :  la version ‘deluxe’ / augmentée / sous reliure hardback (rigide, donc)…

Enjoy the ride!

 

 

LS’s Rééditions by Nitchevo… what’s next?

Diverses questions posées ces temps derniers (et plus généralement) sur les rééditions que nous allons opérer sur mon “fonds” m’amènent à un petit brainstorm.

Il est entendu (cela a déjà été dit mais répétons-le) que *tout* sera ressorti. Mais quelles seraient, de votre avis de lecteurs, les “priorités” ?
Dans la mesure où nous n’avons pas encore choisi la réédition suivante, c’est là votre chance d’infléchir la balance…

***

Pour plus de lisibilité, un petit poll…
Usez et abusez des comments pour préciser / compléter / proposer (of course !) d’autres opus. (et/ou rejoignez la conversation en cours @ :   LS’s FB
Jump !

 

 

 

Calamus/ The Velor of Sangre & la valeur du sang… maybe

Juillet 2013…

Angry / frantic / deprived / in need / crawling to the pen / …

Tandis que j’arpente les territoires arides du champ de bataille… Inlassablement crient vers moi les grands Oiseaux Tempêtes d’Isla Arma…

Sans cesse j’entends les chants des fondeurs au travail dans les fabriques.

De 6 heures du matin à la nuit tombante, jusqu’à ce que les ferries ramènent les ouvriers vers Este, j’entends le chant des isenniens près des fourneaux…

dans la baie, les mats des nefs Velor se balancent, impatientes de prendre la mer… De cingler vers l’Orient, de tracer sous les voiles rouges, vers Acre, Constantinople, Chypre et la Sicile, tandis que les capitaines inscrivent, sur le pur velin des moulins d’Isla Tinctora, à l’encre indigo, la liste des escales.

¦ Parler d’Isenne, c’est toujours parler de la mer.

Parler de la Mer, c’est toujours revenir vers moi-même. ¦

Au Nord Est brûlent les hauts fourneaux de Fornaria, par-delà les bras tendus de la Mer Intérieure, vers l’Ouest, (si près) les marteaux de Manta répondent. Les Lances à Tonnerre crépitent dans les vents tournoyants.

Dans la baie, toujours, les mats des nefs Velor se balancent…

Attendant la marée, et le feu vert du port. Qu’un cavalier vêtu de lie-de-vin ou de vert sombre viennent en toute hâte de la Capitainerie, porteur d’un pli encadré du bleu de mer. Pour que roulent les épaules, que remontent les ancres, que les hommes de quart saluent les officiers qui remontent du carré, en repassant leurs vestes, un sourire aux biseaux aux lèvres.

Pas d’au-revoir, de congé, d’embrassades. Pas de fanfares pour les Artisans de Mer. Juste le vent, juste la voile. Les tambours qui résonnent depuis le Castello Velor. Juste les rubans colorés brandis par les filles aux fenêtres des fabriques, et le salut tonitruant du personnel de quai.

Ad Mare ! Ad Mare !

La voix du peuple. Mille voix humaines, et le claquement des grand-voiles qui se tendent, rouges d’incendie sur le vert incomparable des eaux.

Le son brutal, fluide pourtant, des verrous de mer qui s’ouvrent, là-bas, à Sabbia et Altramare… Les colosses de la garde qui écartent leurs gigantesques flambeaux.

A tribord, Isla Oblivia, drapée dans les ombres poudreuses du matin, exhale le remous asynchrone de ses marées.

Depuis la haute terrasse du Palazzo Astaro, Flammer le jeune défait son col et crie vers les vagues, sans un son.

A bâbord, sur les quais d’Este, les conducteurs de barges sifflent, et tracent sur leurs poitrines les lettres conjuratoires. A. M. D’un trait, avant de se baiser le bout des doigts. C’est bonne chance, toujours, de bénir ceux qui prennent la mer.

Et ils sourient, sur le pont, ceux qui ont renoncé la Veste Noire des Artisans, et l’appel brûlant des fournaises verrières, pour le bleu de la mer, et l’indigo Velor.

Ils regardent vers Isenne, car c’est la tradition, toujours, pour un Artisan, de ne se tourner que vers Elle jusqu’à ce qu’elle ait disparu. Jusqu’à ce que les eaux lagunaires relâchent les navires, sur la Haute Mer.

Comme Isenne me manque, et le vent, et la mer.

Et le tracé des îles, et le chant des fondeurs.

Et les yeux de Flammer, et le rire de Payne. Et le son de la plume d’Argio le Magnifique, sous les arches du Palais blanc.

Les réunions de la Kitchen, dont j’ai manqué 8 séances, tandis que je défendais d’autres terres, sous d’autres oriflammes.

Les feux sourds du Palais des Damiers. Les encens Fraggera brûlant dans les lampes. Même les jeux de pouvoir des sévères Mantaros me manquent.

Ils attendent…

M’attendent…

Immobiles là où je les ai abandonnés.

Immobiles… comme les Titans de bronze et de verre du cartel de Flammer. Alum Maduro, levant les yeux vers une fenêtre aveugle. Payne Oscuro embrassant son amant sous un ciel libre et clair. Le sombre Candela torturant son violon pour crier une longue rancune qui se rejoue sans cesse. Sanker rédigeant un réquisitoire, sa plume de verre griffant le parchemin… Tous… tous… Mes immobiles… comme leur absence me frappe de languir.

Quelle absurdité, de tenir les écrivains loin de leurs calames, pour apaiser la fringale mercantile de barbons engorgés, et la fringale coupable de lecteurs infidèles.

Si nous créons des masques, des cités et des mondes, c’est pour trouver au moins quelque part, la cohérence qui a déserté l’univers du concret. Si nous les créons, c’est qu’ils nous manquent, et que nous avons besoin d’eux. Ils ne viennent aux “autres”, ensuite, que par accident. Quel abominable transmutation, alors, que de faire de cet accident un meurtre avec préméditation…

Août 2013

Presque deux mois loin du “front” ReLIRE (si ce n’est de profil, de loin). A bercer un deuil, et quelques unes de ces “conséquences accessoires” que toute lutte recèle…

Deux mois, dont un à Isenne.

Un mois… c’est déjà ça.

Un volume et demie de plus. 6 ou 7 cartes, 3 ou 4 plans. Bientôt temps de dégainer les aquarelles, pour remplacer le métal des encres. Tombé la moitié du Vème volume en 3 jours. Mal à la main à en *hurler*. “The National” en boucle dans mon Itunes (pourquoi ?) – Un peu (beaucoup, passionnément) de Patrick Doyle, Craig Armstrong et Woodkid. Envie (dantesque) de revoir Senso. 150 stylos, crayons, gel pens, fountain pens, pinceaux et plumes de verres impliqués.

Mais… Hâte d’y retourner ! (tant et tant…)

Trancher entre les priorités, les urgences du coeur et celles des calendriers… Ah…(soupir).

Laisser le vol. V en chantier, pour aller donner un dernier coup de collier à “l’affaire ReLIRE” ? Ou pas ? Mon abnégation n’est pas à toute épreuve, et ce n’est certes pas là ma nature première.

Encore un peu… encore quelques reflets, quelques chants, quelques encablures… Encore un peu d’Isenne.

Le blanc de la page, avant qu’on la tache, est le seul espace épargné par la noirceur rampante de l’Univers.

Encore un peu d’Isenne, alors, dear gods.

Que le bûcher où je brûlerai mes “à ne jamais faire paraître ici, merci” soit assez haut pour que cela vaille d’y grimper.

Shunt/

CURRENT:

Au travail sur : Séquence d’Isenne – Vol V – A mano sur Paperblanks “Mozaïque parisienne / Grande”

Next to-do : Carte de Braena, décryptages de tarots C. (suite et presque fin) ;

Février 2014

Idem. Même lieu, mêmes choix difficiles.

Au travail sur : Séquence d’Isenne – Vol VI – A mano sur Paperblanks “Old Leather / Grande”

Next to-do : Carte de Menora, “public adress” de Flammer Astaro à la Haute Académie des Arts (suite et fin)

Dans moins d’un mois : ReLIRE, *épisode II*. La nausée.

Nous sommes, nous auteurs, de frêles esquifs sur des vagues scélérates. Sur une mer montée et démontée selon les caprices réfrigérés de boucher-charcutiers. On a fait de nous de la viande. Si la came vient à manquer, blâmez les équarrisseurs, pas les navigateurs. Nous voulions être vos nautoniers et vos passeurs de feu, pas vos dealers.

// shunt // …

2009-2013 // It ain’t over ’til It’s over

Le mois dernier, de retour sur la Toile, mon site annonçait “en grève” , et poursuivait par un état des lieux qui séparait “ce que j’escomptais faire” (avant ReLIRE) / et “ce que je faisais au final” (depuis/à cause de ReLIRE).
 
Nous allons commenter cela:
 

:: ON STRIKE ::

: CURRENT ::

Programme de parution 2013-14

– Réédition en director’s cut de tout le “fond”

  1. – P——— P—- – a novel of Frontier
  2. – Cartulaire d’Isenne – bible romancée
  3. – N——– – recueil poétique
  4. – Sacra
  5. – Fovéa, edit 3
  6. – La Glace & la Nuit II /Albedo
  7. – La glace & la Nuit – apartés / Iosis
  8. – La Glace & la Nuit III / Rubedo

& more(en lieu et place) :

  1. – A plein temps en première ligne du combat contre la loi sur les «Livres indisponibles du XXeme siècle», et la mainmise du Registre ReLIRE sur plusieurs de ses oeuvres.
  2. – Coordinatrice de la Hotline à destination des auteurs Anglophones «saisis» par le Registre ReLIRE, en partenariat avec les auteurs, et les Sociétés d’Auteur sur la plateforme Nitch

 REACT ! – REFUSE ! – PUT YOUR BODY UPON THE GEARS !

 ∅  LS calls YOU to: Sign the Reader’s Petition Sign the Writers’ Petition Follow the #ReLire on twitter with ReCALE

Les “Lecteurs actifs” / les “vrais amoureux de la littérature” / les “vrais citoyens“/ & les “(seuls) lecteurs selon mon coeur” (disons-le tout net)
peuvent lire ce que j’écris (et fais) sur l’autre blog / aka “mon vrai blog : ADRENADREAM

Ω

OUI, avant que le “projet ReLIRE” advienne, j’étais en train de préparer ces choses
OUI, je les considère toujours, mais elles sont remises en question
NON, publier mes propres textes ne passera pas avant cette lutte capitale
OUI, je vais en dire “plus” sur les bouquins en question
NON, actuellement, je n’écris rien, parce que cette lutte contre l’Absurde vole tout mon temps, toute mon énergie, et la Lumière (le peu qu’il en restait)
MAIS… j’ai commencé un nouveau bouquin. Il sera dédié à ReLIRE, à la destruction du monde, à l’abaissement de l’Humanité, et à la mémoire de tous les dystopiens qui ont crié au loup, à travers leurs livres, tandis que les Monstres approchaient.
Il s’ouvre sur cette citation historique de Mario Savio :
M. Savio’s opening quotation of currenly-in-writing LS’s novel- straight from the tapuscript
Nous allons en reparler, oui.
De tout cela, et du reste.
Pour mieux cintrer la “différence entre ce blog et “l’autre = Adrenadream”… vous pouvez lire :
Ceci (où il est question aussi de “où je suis sur Internet en ce moment”)
– et Cela (upcoming @ Adrenadream)
Stay tuned (if you’re still alive)
LS/.
This Post’s title is a tribute to : Lenny Kravitz, of course
Shunt//